Mag Musique – 33 Tours – Du 18 Janvier Au 24 Janvier

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1/ Tunisia Music Awards : La Grosse Arnaque

2/ ARTE : « Tracks » met en ligne les playlistes complètes de ses émissions 

3/ Myriam Amous, ou la redéfinition de la pop star à la tunisienne ? 

4/ Ghalia Benali dévoile un nouveau titre sur sa page Soundcloud

5/ Encore un clip très réussi pour le rappeur tunisien Vipa

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[toggle title= »Découvrez les news croustillantes de la semaine » state= »close » ]

1/ Tunisia Music Awards :La Grosse Arnaque  

[dropcap]C[/dropcap]onviée à la pré-conférence de presse des Tunisia Music Awards, l’équipe de ZooPolis s’est rendue au Grand Hôtel de Tunis sans aprioris, ou alors peut-être juste un : Le nom d’Adele, négligemment lancé sur la page Facebook de l’évènement, résonnait dans le hall de la réception et dans nos têtes. Adele à Tunis ? Viendra ? Viendra pas ? Plus tard, on apprendra qu’il y a un accord de principe concernant une éventuelle présence d’honneur de l’artiste, et qu’elle ne chantera donc pas.

Ce sera la première d’une longue série de douches froides. Installés parmi les micros de Shems FM et les caméras de Hannibal TV, nous écoutons religieusement le directeur artistique, Monsieur Sami El Fendri, nous raconter les 100 demandes envoyées et les 27 artistes confirmés, les 3800 réservations déjà effectuées et les 1500 billets imprimés. Des chiffres, des lettres… Et la programmation alors ? C’est alors qu’un DVD de presse est lancé. Les noms défilent, les photos s’enchaînent et des IT vidéos violent l’auditoire : Akcent, Deepside Deejays, Inna, Nadia Ali, Emma Hewitt, Edward Maya, Phonique, Anda Adam, Ruxanda Bar, Sied Van Riel… Est-ce que ce prestigieux évènement est sponsorisé par l’Europe de l’Est ? Beaucoup d’électro roumaine donc, et si peu d’alternatives aux autres genres musicaux. Les seuls noms réellement connus étant ceux d’Elvis Crespo (vous savez, le mec derrière Suavemente) et Dash Berlin, le DJ trance allemand. On nous avait promis une soirée riche en « références musicales mondiales », on se retrouve avec des siliconées shootées aux tubes de l’été, signées par Universal certes et envahissant depuis pas mal de temps les radios européennes, mais à la gloire aussi éphémère que l’amour, bref aussi dangereusement volatiles que l’ont été les one-hit boys O-Zone avec Dragosta Din Tei.

 

 

Confortés par cette déferlante de DJ producteurs sur le marché de la musique, les organisateurs de l’évènement rattrapent le train en marche et associent le nom de la Tunisie à cette mascarade. Le festival aurait tout aussi bien pu s’appeler Bucarest Music Awards et trouver son public sans problème. Ce n’est pas par souci d’élitisme que de critiquer le choix artistique d’un tel évènement qu’on voudrait comparer aux plus grands (les MTV et les EMI Music Awards), mais quand un concert lève le drapeau du pays avec uniquement trois artistes tunisiens programmés (ceci-dit, la line-up n’est pas encore finalisée) on est en droit de soulever le débordement. L’autre abomination de cet évènement étant la partie « Awards » : Le vote se fera sur Facebook entre les différentes catégories qui semblent avoir été emboîtées aux artistes en sélection : Best trance DJ producer, Best deep-house DJ producer, Best commercial DJ producer, Best dance singer pour finalement arriver à : Best romantic single. Si cette compartimentation n’est pas digne d’Africa Cassette, alors je présente toutes mes excuses aux organisateurs de l’évènement.

Cela-dit, ces derniers ont eu le mérite d’être clair dès le début : Cet évènement international est à visée beaucoup plus touristique qu’artistique, le mois de mars étant propice aux fleurs et aux légères brises de printemps. Je ne doute absolument pas du fait que cette soirée sera une réussite sur le plan billetterie (on attend de voir le show), mais là où l’arnaque se fait sentir, c’est lorsque ce genre d’évènement est « vendu » pour promouvoir la richesse musicale du pays. Sorte d’ambassadeur à l’étranger quoi. Et là, on arrête les Tunisia Music Awards tout de suite : d’autres festivals à l’assise moins roumaine s’en chargeront volontiers.

Merci. Plus d’infos sur la page Facebook officielle de l’évènement.

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2/ ARTE :«Tracks » met en ligne les playlistes complètes de ses émissions

« ARTE, c’est la nuit !» dixit Gad El Maleh, oui mais ARTE, c’est surtout « Tracks », l’émission musicale la plus culte, trash, tendance, underground, brute, conceptuelle, acide et loufoque de la télévision française. Il est rare de trouver des émissions d’aussi bonne qualité où l’artiste interviewé n’est pas forcément en promotion, où les reportages diffusés évoquent des transsexuels barbus gambader au ralenti dans des champs de fougères bio ou un DJ Taïwanais qui peints avec les menstruations de sa femme. Tracks, c’est la contre-culture.

C’est l’homme à l’origine, mais avec son intellect actuel. C’est l’humain dans toute sa splendeur, mais sans sa pudeur. L’élite, sans les codes. Tracks, c’est la nuit et c’est sur ARTE. Du coup parlons peu, parlons bien : Tracks c’est vraiment quelque chose. Et ce quelque chose a décidé, dans un élan de générosité improbable, d’offrir aux plus mélomanes des téléspectateurs la Trackliste complète de ses émissions. Un rapide coup d’œil suffit pour s’apercevoir que l’éclectisme qui a fait sa réputation est au rendez-vous : Du hip-hop et de la musique classique, de la pop et de l’électronique, des chants ethniques et du rap français, du rock et du be-bop… Tous les goûts sont rassasiés et du coup l’auditeur, pleinement satisfait. Heureusement, vous êtes à un clic  de l’orgasme multiple.

 

 

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3/ Myriam Amous, ou la redéfinition de la pop star à la tunisienne ?

[dropcap]A[/dropcap] l’occasion de la sortie de son deuxième single « Break » qui paraît après le très pop « First Time In Love (Hello) », on s’est penché sur la chanteuse tunisienne vivant à Paris, Myriam Amous.

Avant connaissance du concours « une chanteuse pour un album », avant la mise en ligne d’un clip, d’un site internet, d’un making-of, de photos de tournage et toute une campagne marketing visant à promouvoir un « Social Album » (s’entend, un album créé sur les réseaux sociaux), Myriam Amous était une chanteuse YouTube,  principalement connue pour ses reprises finement choisies et bien servies par sa voix : de Major Lazer à Ultraista, de Leonard Cohen à Portishead, les références et les influences étaient donc là, sous nos yeux. Il a suffi d’un concours made in France pour qu’elles disparaissent aussitôt. Myriam Amous doit être une sacré bonne illusionniste, car au bout de deux singles, le charme n’opère presque plus. La direction est prise, le choix est pleinement assumé : Ce sera de la pop/electro un peu fade, un peu « cheesy » comme s’aiment à dire les ricains.

Ceci reste un avis, un ressenti marqué par une légère déception quant à l’orientation du projet. Tout comme le cinéma tunisien, la scène musicale tunisienne actuelle est une scène underground destinée aux festivals. Et contrairement aux grands artistes classiques appartenant à l’ancienne génération et qui ont su s’exporter à l’étranger, les jeunes d’aujourd’hui peinent à se mainstream-iser. C’est dans ce spectre à la fois large et réduit qu’intervient Myriam Amous : Une volonté « pop » pour populaire, mais limitée par les codes du commerce. Les titres sont « catchy », c’est sûr, « bankable », c’est certain, mais pas assez spéciaux pour tirer la sonnette d’alarme du buzz. En espérant écouter quelque chose d’un peu plus différent de la part de la demoiselle, dont l’atout majeur est une voix reconnaissable entre mille, voici le titre « Break » en téléchargement gratuit ICI.

 

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4/ Ghalia Benali dévoile un nouveau titre sur sa page Soundcloud

[dropcap]C[/dropcap]ette nouvelle fera certainement plaisir à notre ami Bilel Ben Romdhane, notre chroniqueur Expo, grand fan de la chanteuse. Quasiment inconnue en Tunisie, Ghalia Benali, grandie entre Zarzis et Belgique et dont la voix a réussi à ensorceler un large public international, est une artiste qui se produit pour la première fois au Colisée de Tunis le 7 septembre… 2012. Inquiétant ? Plutôt. Et lorsque, pour contester le fait qu’elle ne fasse pas partie du paysage culturel tunisien, elle organise son propre concert via un évènement Facebook qu’elle baptise « A Night In Tunisia » en hommage à Ella Fitzgerald, on tire notre chapeau à celle qui s’est fait connaitre à la télévision belge grâce à une reprise de Hédi Jouini à la mandoline : « Lamouni Elli Gharou Menni ».

Finalement, en ce fameux soir de septembre nous a été révélés une voix mate, sensuelle, des envolées cuivrées, des sanglots rauques et un univers arabophone délicat variant de Om Kalthoum à Abdelwahab… C’est sur scène que Ghalia Benali donne le meilleur d’elle-même. Finalement, en ce fameux soir de septembre, avant de se produire devant le public tunisien pour la première fois, Ghalia Benali avait déjà enregistré quatre albums studio et multiplié les voyages et les rencontres avec des musiciens d’origines et d’horizons musicaux différents : Elle chante dans Shahnez (arabo-flamenco), Yoda (ethnique), Al Palna et Nada (arabo-indien), Maak Spirit (jazz), Hhkaly (electro) et Timnaa (arabo-flamenco-folk). Ces nombreuses collaborations renforcent la richesse de l’univers et façonnent le caractère. Pendant ce temps-là, nous autres devons nous coltiner des Emel Mathlouthi ça et là tandis qu’une Ghalia Benali sied loin, entre ciel et terre, entre sa Belgique d’adoption et toutes les musiques d’Orient. Ghalia, ceci est une plainte venue d’ici et surtout d’ailleurs : Reviens.

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5/ Encore un clip très réussi pour le rappeur tunisien Vipa

[dropcap]V[/dropcap]ous voyez, le rap se divise en deux catégories : Les bons rappeurs, et les bons rappeurs qui font d’excellents clips de surcroît. Vipa est champion Tunisie de la seconde catégorie. Originaux, poignants, artistiquement aboutis et jamais clichés malgré un univers qui s’y prête forcément, ces petites vidéos signées Habla Prod mériteraient d’être mentionnées, vues et pourquoi pas revues. Le titre est en téléchargement gratuit ICI.

 

 

 

 

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[toggle title= »SBTRKT – Trials Of The Past » state= »close » ]

« Trials of The Past » est de ces clips qui s’impose naturellement à vous à cause du bruit assourdissant du buzz : Visuellement parfait et musicalement nickel, ce premier titre extrait de l’album éponyme du producteur londonien puise ses images dans le gore et l’énigmatique, suite d’une longue tradition de créations violentes qui ont défrayé la chronique des clips sanguinaires en leurs temps : The Shoes, The Prodigy et surtout Justice derrière lesquels se cache le réalisateur Romain Gavras, ambassadeur de la « violence gratuite » ou de la « barbarie sponsorisée » selon l’humeur de ses détracteurs. Cette fois-ci, on retrouve Ross Andersson derrière la caméra et ce dernier veut vous faire passer un message clair, net et précis : Après ceci, vous reconsidérerez à deux fois votre prochaine virée chez le coiffeur. PLAY.

 

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[toggle title= »Frank Ocean feat. André 3000 + Big Boi – Pink Matter (Remix) » state= »close » ]

A la base, le « Pink Matter » disponible sur le Channel Orange de Frank Ocean était en featuring avec André 3000 uniquement. Mais c’est tout naturellement que Big Boi, l’autre moitié d’Outkast, s’invite à la fête pour nous en offrir une toute autre version.

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[toggle title= »The Chemical Brothers – Galvanize (HearThug’s Ambiguous Mix) » state= »close » ]

Le saviez-vous ? C’est un tunisien de 23 ans, Jihed Monser, qui se cache derrière le pseudonyme HearThug. Evoluant sous le label New-Yorkais Stranjjur Imprint, il a également co-fondé le label indépendant tunisien de Deep-House et de Tech House Dance Till Death Records. Plutôt impressionnant. Et puisqu’à ZooPolis, on est du genre à promouvoir les jeunes talents tunisiens, voici une petite friandise en attendant de s’en mettre une autre sous la dent (et sur les pistes). Le remix est disponible en téléchargement gratuit ICI.

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[toggle title= »DJ Shadow feat. Little Dragon – Scale It Back (Robotaki Remix) » state= »close » ]

Préférer ce remix de Robotaki à l’originale parue sur le dernier album de DJ Shadow (The Less You Know, The Better) : Check ! DJ shadow himself ne tarit pas d’éloges à propos de ce mix de Robotaki qu’il trouve “smooth and satisfying, and to many listeners a welcome change from the darker, glitch-laden mixes. Of all the submissions, this is the one in which I can hear the most commercial potential. It’s musical, it’s fresh without being cheesy… and, it POUNDS. Whatever path Robotaki chooses to follow, it’s obvious that musical ability comes naturally to him. What an honor it is to be the beneficiary of such a seemingly effortless and effective piece of music.”

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[tabs type= »horizontal »][tabs_head][tab_title]Lemonade Band [/tab_title][tab_title]John Legend – Who Did…[/tab_title][tab_title]Foxygen – Shuggie[/tab_title][tab_title]SebastiAn – Tetra [/tab_title][tab_title]Vivaldi Opera Giustino Area … [/tab_title][/tabs_head][tab]


• Lemonade Band – Mouch Fil Helma
Y a qu’à presser le citron pour goûter au jus de ce son électronique purement tunisien. Sur leur Fan Page Facebook,  le “band” se présente comme un duo composé par Khawla Mzoughy au chant, aux paroles et à la composition et par Helmi Kobbi à la basse et à la production, avec la collaboration ponctuelle d’Amine Guermazi au clavier. Quand notre esprit est branché sur une fusion électro-orientale comme celle-ci, il ne peut pas s’empêcher de nous narguer en pensant à Soap Kills, la formation libanaise de Yasmine et de Zied Hamdan, pionnière de la musique alternative au Moyen-Orient et dont les compositions suaves font la part belle à la musique classique arabe sur des arrangements mâtinés de darbouka marocaine et de trip-hop anglais.

De Beyrouth à Tunis, l’influence se fait ressentir : la citronnade est acide. Outre ce morceau original, le duo inédit sur la scène tunisienne reprend du “Tourath Tounssi” et un monument égyptien de Cheikh Imam, toujours avec cette volonté de fusion des genres à bâtons rompus entre le classicisme et la modernité. A part cette date d’Avril dernier où le groupe a lâché 5 titres interprétés en arabe et en anglais, les réseaux sociaux et les salles de concert n’en entendirent plus vraiment parler. Ceci est donc une invitation à se manifester, à continuer ; Ceci est une invitation au voyage qui, à défaut d’être lancée par Baudelaire, est lancée par toute l’équipe ZooPolis. Qu’en pense la communauté du citron ?

Sortie : Avril 2012

Lien Facebook: https://www.facebook.com/photo.php?v=381244811896919

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• John Legend – Who Did That To You ?
Dans le très controversé Western-Spaghetti qui conte des histoires d’esclavagisme et de vengeance, Django Unchained, vous entendrez une voix à laquelle vous ne vous y attendiez certainement pas dans un film dont le contexte historique est situé deux ans avant la guerre civile américaine : Rick Ross. Mais Quentin Tarantino est derrière la caméra, et il n’y a que Tarantino pour oser mélanger rap west-coast et western, pour finalement créer une zone en dehors de la carte où sur l’appui d’un contrat poétique, passé et présent interagissent ensemble pour le meilleur et pour le… meilleur.

La particularité de cette Bande Originale tient au fait que c’est la première fois que Tarantino fait appel à des artistes pour la composition des musiques de son film. Parmi eux Rick Ross cité plus haut et produit par l’acteur Jamie Foxx, Anthony Hamilton, Elisa, James Brown et Tupac dans un mash-up fraîchement produit, Ennio Morricone, le légendaire compositeur des westerns de Sergio Leone et… John Legend, qui signe le titre qui nous intéresse aujourd’hui. « Who Did That To You ? » est une chanson qui parle de châtiment et de rédemption, co-écrite et produite par Paul Epworth (Vous savez, le mec derrière l’ultra-diffusé « Rolling In The Deep »).

Et l’anecdote autour de ce titre est assez représentative de la personnalité de Tarantino : Ayant été inspiré par ce morceau après lecture du script, Legend entend dire que Tarantino aimer écouter la musique sur cassette dans sa voiture. Il convertit alors le matériel digital en cassette audio et l’envoit au réalisateur avec une note dessus : « I wrote this song for your film, wanted to know if you would use it ». Ce qu’il a eu raison de faire vu que Tarantino a déclaré un peu plus tard à ce propos : « If I had gotten a link or something to plug into my computer, I would have thrown that shit away, because I don’t know how to do that shit, but I got a cassette tape, and that I know how to play ». Etant habituée à la soul smooth, soyeuse et sans personnalité du crooner, j’ai été agréablement surprise par cette métamorphose, un peu plus en assurance et en énergie, à la fois sombre et théâtrale, et servie par un groove naturellement craché par sa voix. Du cran, c’est ce qu’il manquait à John Legend avant ce titre, et on l’espère bien, le futur album dont la parution se fera en 2013.

Pour découvrir le reste de la Bande Originale, c’est par ICI.

Album : Django Unchained: Original Motion Picture Soundtrack

Sortie : Janvier 2013

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• Foxygen – Shuggie
« Nous somme les ambassadeurs de la paix et de la magie au 21e siècle ». On rectifie le tir : Ce que le nom de l’album voulait dire, c’est que « Nous sommes les ambassadeurs rétromaniaques du rock sixties du 20e siècle ». Sam France et Jonathan Rado, ces ambassadeurs qui ont choisi d’appeler leur groupe Foxygen (un curieux mash-up entre une chanson de Jimi Hendrix et le plus célèbre des albums de Jean-Michel Jarre), sont des bricoleurs-cambrioleurs Californiens produits par Richard Swift (The Shins) qui sortent en cette rentrée 2013 leur ultra-référencé et très commenté deuxième album. Disque de faussaire ou de faux-fossoyeurs ? Impossible de mettre un doigt sur l’effraction ici tant l’écoute évoque dans une tempête incertaine Dylan, Bowie, les Velvet, les Stones, les Beatles, les Kinks, Prince et peut-être bien d’autres encore. Mais à trop vouloir nous montrer leur muscle, le groupe en oublie son identité propre.

Tout sonne comme un air connu, déjà entendu, des refrains qu’on aurait sifflés en 1969, alors que nous n’étions pas encore nés. L’amour était libre, l’acide était bon et Hunter S. Thompson écrivait encore des romans. Les années précédentes, nous avons déjà eu affaire à un revival synthpop des 80’s, un autre revival rave de la fin des 80’s et encore un autre revival grunge du début des 90’s. Beaucoup trop de revivals donc, pour une décennie qui peine dans sa course au recyclage à réinventer son répertoire.

Pour ne pas être complètement injuste, disons qu’elle « transforme » des unités originales en sous-unités ressemblantes, mais pas tout à fait. Donc lorsque la Wes-Andersonisation de la musique s’empare de marmots de Californie, vous l’aurez deviné, nous considérons la chose avec la même suspicion que nous réservons généralement aux araignées, aux cafards et aux lézards. Ceci-dit, ce disque est un lifting très réussi, un bol d’air frais vintage qui flirte avec une nostalgie surexploitée des 60’s, et dont l’extrait Shuggie a été choisi pour la voix nonchalante et posée de la façon la plus coolesque qui soit par France, et pour cette variation inattendue du tempo qui rappellerait le plus Kinksien des refrains. Le charme opère instantanément, c’est jouissif, impulsif. Mais qu’on se le dise tout de suite : Il n’y a rien de mal à aimer le passé, mais il y a quelque chose de faux à essayer de le recréer.

Album : We Are The 21st Ambassadors Of Peace And Magic

Sortie : Janvier 2013

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• SebastiAn – Tetra
Ce titre m’a été proposé par mon ami Wael Douiri, un passionné de la French Touch et de la Techno Berlinoise. Evoluant sous le plus influant des labels français de musique électronique : Ed Banger Records (label de la hype souvent critiqué pour ses choix commerciaux, dont les autres poulains ne sont autres que Justice, Breakbot, Cassius, DJ Mehdi), j’étais confiante pour entamer Total, premier album de l’inclassifiable SebastiAn, paru en 2011 après 2 BO (bientôt une troisième) et 5 EP, et dont je ne connaissais que le « Love in Motion » en featuring avec le chanteur soul Mayor Hawthorne.

SebastiAn est inclassifiable oui, mais Pedro Winter, patron du label sus-cité, a su résoudre l’affaire en deux mots : « Hooligan Disco ». Et c’est exactement cette expression qui revient à l’écoute de ce disque aux 22 tracks (dont une dizaine d’interludes). M.I.A s’invite sur l’opus pour signer la meilleure collaboration de l’album, et de boucles efficaces en sons saturés, le CD se laisse apprécier, parfait pour une de ces virées nocturnes dont on se prétend être le grand Conquistador.

 

Album : Total

Sortie : Mai 2011

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• Vivaldi Opera Giustino Area – Vedro Con Moi Diletto (Anastasio, Acte 1)
Fermez les yeux. Nous sommes au 18e siècle, Facebook n’existe pas et ma perruque baroque me va nickel. Je suis Anastasio, époux de l’impératrice Arianna et ma vie est une fiction Shakespearienne empreinte de trahison, d’envie, de vengeance et de jalousie. Entre Venise et Constantinople, je m’étourdis dans des fêtes où « tous les contraires seraient harmonieusement possibles ».

Avant cette pièce, pour moi l’opéra n’était qu’un prétexte moribond de luxure employé dans les films américains et ses multiples rendez-vous amoureux. Et si ce n’était pas cela, alors c’était l’association évidente de Puccini, Wagner et Verdi à des scènes mélodramatiques pompeuses, ce qui exagérait le trait de l’émotion allant jusqu’à la ridiculiser. Puis, comme pour faire un bras d’honneur à cette image si solennelle et si statique renvoyée par l’opéra, il y a eu la scène de crime dans le Match Point de Woody Allen, l’attaque d’une plage du Vietnam dans l’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola et cette balade tranquille au creux de Manhattan dans le Liberal Arts de Josh Radnor.

Quand l’opéra a arrêté d’être connecté à toutes sortes d’émotions cuisinées, aux cris, aux pleurs et aux visages défigurés, c’est alors que je compris une chose : « Opera is no big deal ». Retour en 2013, avec son lot de voitures, d’immeubles, de rues embouteillées et de gris bétonné autour. L’écho de la ville me parvient par pointillées quand vissé sur mes oreilles, mon casque entonne Antonio Vivaldi et son Giustino en 3 actes, brillamment interprété par Philippe Jaroussky. Et alors je vous promets une chose : Jamais une balade à Tunis n’aura été d’aussi près touchée par la grâce.

Album : Euh ?

Sortie : 1724


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EVENEMENTS A NE PAS MANQUER

• Mercredi 30 Janvier 2013
Mounir Troudi & Guests – Musique Live au Carpe Diem

EVENT FACEBOOK : https://www.facebook.com/events/135237119971682/

• Vendredi 1 Février 2013 Samedi 2 Février 2013
Premier anniversaire du Plug – au Plug ‘Rock’ Bar

EVENT FACEBOOK : https://www.facebook.com/events/379272655501485/ [/box]

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