College Boy : Xavier Dolan enflamme l’opinion publique avec un clip électrochoc réalisé pour Indochine

Xavier Dolan - College Boy

Xavier Dolan le prodige du cinéma québécois déclenche une vague de réactions sur la toile et dans les médias pour un clip qui se voulait au départ dénonciateur de l’harcèlement que subissent les jeunes à l’école .

Le Jeune réalisateur (seulement 24 ans) s’est fait remarqué à Cannes avec ses deux longs-métrages J’ai tué ma mère et Les Amours Imaginaires, accueillis par des critiques hautement favorables. College Boy, ce deuxième extrait de l’album Black City Parade d’Indochine, sorti le 11 février 2013, a choqué plusieurs associations.


Le CSA appelle à la Censure

Le réalisateur opte ici pour une violence esthétisée : ça commence par des boulettes de papiers, des faits de harcèlements qui s’accumulent, jusqu’à aboutir au meurtre. L’adolescent finira crucifié, le corps criblé de balles.
Des images jugés insupportables par le CSA (le conseil supérieur de l’audiovisuel).
« Il devrait y avoir au moins une interdiction aux moins de 16 ans et peut même aux moins de 18. Ces images là n’ont pas leur place dans des chaines qui sont consacrés à la musique. », déclare Françoise Laborde, membre du conseil.
Dans ce cas, le clip ne pourra pas être diffusé en journée mais seulement à partir de 22 heures.

 

Métaphore d’un message primordial

Xavier Dolan et Nicolas Sirkis (le leadeur d’Indochine) se défendent en insistant que leurs images sont nécessaires comme les spots de la prévention routière qui font mine d’être choquants pour sensibiliser et marquer les spectateurs.
C’est important de montrer cette violence pour dénoncer l’intolérance et l’indifférence de la société devant les harcèlements incessants et les déchainements de cruauté dans le milieu scolaire.
Une démarche bien comprise par la principale fédération de parents d’élèves, dont le président fait remarquer que le clip rend compte d’ un « fait de société ». Quand on dénonce la violence ça doit être cru, il ne faut pas s’attendre à voir les bisounours débarquer.
« Une réalité quotidienne » que les chaînes MTV, D8 et D17 ont déjà annoncé qu’elles ne diffuseront pas.

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Plus violent que ce que l’on peut voir ailleurs ?

Pourtant le clip d’Indochine, comme beaucoup d’autres, construit une fiction à partir des paroles de College Boy. Celles-ci raconte l’histoire d’un garçon trop différent qui va devenir le bouc-émissaire de ses camarades

Si beaucoup de twittos remercient le réalisateur canadien, pour la vérité de son film, il n’en reste pas moins qu’il se présente ostensiblement comme une fiction : le format carré de l’image, le noir et blanc, les décors faisant référence à bien des films américains, la représentation caricaturale de la famille anglo-saxonne et d’une mère abusive. Tout renvoie à un univers cinématographique qui trouve ses modèles chez divers cinéastes.
On pense notamment à La Passion du Christ : Ces balles qui font éclater son thorax sont une version moderne des lances. L’énigmatique « Merci ! » que prononce le jeune homme sur la croix serait la transposition de cette parole du Christ « Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font« .

Ces images sont-elles beaucoup plus choquantes que beaucoup de films américains ? Le rapprochement est inévitable et il est facile d’opposer ici aux ennemis du clip que la plupart des films hollywoodiens d’aujourd’hui – de Tarantino aux frères Coen – comportent des scènes bien pires.

La lutte contre le harcèlement à l’école doit se faire avec « des méthodes plus radicales que des clips publicitaires de 30 secondes » estime le montréalais. Pourquoi tant de passion devant ces images-là et tant de passivité devant « ces clips où l’on voit des chanteurs en décapotable verser de l’alcool sur des seins huilés de femmes réduites à de simples objets?« .

Si vous êtes choqués par ces 6 minutes de violence…le clip retourne peut être le bide. Mais seulement imaginez juste les élèves qui vivent ça tous les jours. Alors que ceux qui se disent indignés et veulent censurer le clip, ne sont pas tout à fait différent à s’y méprendre de la foule qui observe le massacre les yeux bandés dans le clip.

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