ON A TRAVERSÉ LES QUATRE SAISONS DE VIVALDI À L’ACROPOLIUM DE CARTHAGE : CHRONIQUE

Sous une pluie torrentielle et dans une ambiance d’apocalypse, l’Ensemble Orchestral de Tunisie allait jouer Le Printemps, L’été, L’Automne puis L’Hiver dans un cadre qui dépassait l’idylle. Retour sur une soirée magnifiquement bien orchestrée.

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[dropcap]V[/dropcap]iolonistes, violoncellistes, contrebassistes et organistes s’installent sur la scène quand Rachid Koubâa, chef de file, fait son entrée sous les applaudissements du public. C’est sous son initiative que l’Ensemble Orchestral de Tunisie a été créé en 1996, alliant la musique baroque à la musique contemporaine et enrichissant son répertoire d’œuvres de compositeurs tunisiens. L’orchestre a alors l’ambition d’assurer le relais entre l’apprentissage et la vie professionnelle d’une quinzaine de jeunes instrumentistes, parmi eux Nidhal Jebali, jeune violoniste tunisien.

nidhal_jebali_2Je vous parle de ce dernier en particulier parce qu’il est non seulement le premier soliste (ou si on veut le premier violon, dont le rôle est de jouer les parties solo d’une partition orchestrale) mais qu’en plus, il a un talent prodigieux. Pour avoir vu le film A Late Quartet de Yaron Zilberman, je sais à quel point ce rôle de « premier violon » est prisé par les autres violonistes : C’est la star de l’orchestre aux yeux du public, lui que le chef salue, lui qui retient le souffle de l’auditoire, lui qui a le pouvoir d’électriser l’air, lui qu’on regarde passionnément, lui qu’on applaudit frénétiquement. Quelque part, chaque violoniste a cette ambition de devenir premier violon. Quelque part, l’adulation.

Perdue dans mes pensées, je me suis surprise à observer l’univers autour de Nidhal Jebali, les regards des uns et des autres et cette scène qu’ils semblaient tous posséder. Je ne décelai aucune animosité, seulement l’amour de Vivaldi dont la fameuse Olympiade fit l’ouverture du concert. Un Concerto en Sol Majeur (Alla Rustica) fit ensuite office de prélude aux quatre saisons. Le tout dura une heure et quart, peut-être un peu moins. Dehors la pluie ne battait plus mais je frissonnai encore : Je venais d’écouter un soliste qui s’était produit au prestigieux Kennedy Center de Washington.

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