« Bastardo » nous annonce une image agréablement laide de la société

Nejib Belkadhi signe avec Bastardo un film sans concessions, son point fort réside sans doute dans la force de l’image. Une cruauté traduite sur écran par des personnages durs et sadiques qu’on aime détester. A cela s’ajoute un décor sombre et un désordre absolu qui caractérise ce village imaginaire et pour parfumer le tout un personnage tragique qui semble soumis à un destin, à une fatalité, celle de demeurer le bâtard du village. La recette semble idéale pour déguster un bon film.

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Le film suit le long voyage périlleux de Mohssen « bastardo » dans sa quête de reconnaissance sociale, interprété par Monoom Chouayet, ce personnage à la fois intriguant et touchant, se retrouve dans un quartier pas comme les autres et c’est peu dire car les pratiques des habitants de ce dernier sont peu communes.

Les rênes du pouvoir sont tenues par celui qu’on surnomme « l’arnouba » qui lui même est victime du machiavélisme et de la cruauté de sa mère « Kahdhra » interprétée par Lassad Ben Abdallah. Cette femme rude et sadique cherche perpétuellement à pousser son fils vers la gloire, celle qu’elle connût autrefois avec son défunt mari. La laideur de ce personnage nous renvoie vers une esthétique surprenante. Cependant le fils, sous ses airs imposants, cache un jeune garçon sensible avec une étrange passion : les lapins!

Vient aussi le personnage de « Bent Essengra » ; une jeune femme qui, depuis petite est connue pour son don d’attirer les insectes, encore une fois le réalisateur met l’accent sur la bizarrerie dans cette fiction. On voit en elle une personne sensible et affectueuse pourtant rejetée a cause de sa répugnante malédiction, rejetée surtout par Mohssen dont elle est éprise. Il n’est nul besoin de vous dire que tous ces personnages et d’autres encore, rassemblés dans un même village, risquent de nous en mettre plein la vue.

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Le réalisateur a tout de même essayé de ramener cette fiction à des situations qu’on croise habituellement dans notre pays. De petits messages sont venus s’introduire entre deux scènes, s’ajoutant à cela une pointe d’humour à la sauce tunisienne et le tour est joué pour combler le spectateur. Ces intrusions qu’on ne suspectait pas et qui sont là pour alléger cet aspect crasseux et laid, ont toutes fois fait l’unanimité dans les salles où les rires s’entendaient après chaque situation burlesque.

 

Les + : Un film captivant qui vous fera aimer la laideur et vous fera redécouvrir ce genre d’humour décalé, la force des personnages intrigants et attachants.

Les –   : Des apparitions qu’on ne comprend pas tout à fait, une pointe d’humour qui nous lasse quelques fois (enfin pour ceux qui préfèrent aller jusqu’au bout du burlesque et qui n’aiment pas tomber dans l’humour superficiel).

Vous pouvez le voir à partir du 08 décembre dans les salles Cinémadart Carthage, Alhambra La Marsa, Rio à Tunis et Amilcar à El manar.

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