Aeli : portrait d’un jeune musicien tunisien.

Ali Aloulou, alias Aeli, est un jeune musicien et Beatmaker Hip-Hop de 26 ans. Originaire de Tunis, il travaille actuellement à Dubai, après avoir obtenu son diplôme d’architecture à Paris.

Aeli Logo

 

[dropcap] L[/dropcap]e jeune tunisien maîtrise assez tôt plusieurs instruments tels que la batterie, la guitare électrique, ainsi que le piano. Ce prodige de la musique se lance naturellement et sans se poser de questions dans la composition dès l’age de 13 ans. C’est ainsi qu’à 17 ans il devient compositeur et guitariste au sein du groupe de rock psychédélique The Ursula Minor, avec lequel il se produit au Fusion Festival à Berlin. Il appartenait également au collectif de musiciens 38e parallèle, où les musiciens réunis venaient d’écoles très différentes : Rock, Jazz, Electro et parfois même Latino.

 

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Zoopolis a rencontré ce jeune artiste et lui pose quelques questions pour en savoir plus sur lui, et ses grands projets !

  • Quel a été ton parcours ?

En quittant Tunis, je me suis retrouvé à faire de la production de Hip-Hop avec mon cousin Omar Aloulou, avec qui j’ai partagé toutes les expériences évoquées, sous le nom de TocqueCity, où on a pu produire le Mars EP de Mal’T. En même temps, j’ai commencé à composer pour des rappeurs en solo et à mixer dans quelques clubs parisiens, dont le Mama Shelter. Pour démystifier le processus de la mise en œuvre d’un projet musical, j’ai fait la formation Urban Music Certificate à la SAE Institue.

J’ai pu pratiquer différents instruments, machines et logiciels dans des styles divers tout au long de mon petit parcours. Je ne me suis pas spécialisé pour ne pas me limiter. J’ai donc une vision assez large de la musique, je ne me revendique d’aucune école et d’aucun style.

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  • Pourquoi as tu décidé de faire du hiphop expérimental en particulier ?

J’ai toujours écouté du Hip-Hop mais je n’ai jamais pensé à en faire. Paris a considérablement orienté mon choix : Quand j’étais à Tunis, c’était facile de se retrouver avec les membres du groupe pour répéter contrairement à Paris, où on devait payer cher pour peu de temps en studio et c’était compliqué de se libérer tous en même temps. J’ai du me tourner vers une musique individualiste, ou du moins, qui nécessite moins d’intervenant qu’un vrai groupe avec des instruments. Le Hip-Hop était ce que j’écoutais le plus à ce moment là.

Pour ce qui est de l’expérimental, c’est ce que j’ai toujours fait, indépendamment du style joué. J’ai toujours été dans une démarche d’innovation et de recherche de nouvelles façons de faire. Le côté « copier-coller » me dérange. A quoi bon refaire ce que tout le monde fait ?

 

  • Quelles ont été tes influences musicales ?

Mes références absolues en terme de génie musical restent Omar Rodriguez Lopez de The Mars Volta, Trent Reznor de Nine Inch Nails, John Frusciante et Tool. Ils réussissent à m’expédier quelque part d’autre. Ce qui est rare. Autrement, je peux vous citer bien des musiciens qui m’ont inspiré, mais pas changé la vie: King Crimson, Pink Floyd, Tom Waits, Robert Wyatt, Kurt Rosenwinkel, Avishai Cohen, John Coltrane, Dizzy Guillezpie, Mahmoud Ahmad, Fairuz, Oum Kalthoum, Bjork, Beethoven, J Dilla, El-P, Kool Trasher, Thavius Beck…

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  • Quels sont tes projets actuels et pour l’avenir?

Actuellement, je travaille sur mon premier EP solo, qui s’appellera Palimpsest. J’y ai invité des rappeurs français, Melo Mendes, Fallo, Frères d’Arme, Jehkyl, Mal’T, Freaky Low de La Rimogene, un rappeur tunisien, Phenix et un rappeur américain, Crash Ddz de Murk-a-Troid avec en bonus track un remix de Kool Trasher. En production, il y’a deux morceaux signés TocqueCity. C’est un projet assez hétéroclite, j’ai essayé de diversifier au plus les instruments, les styles, les ambiances et les cadences… De façon à ne pas avoir deux morceaux qui se ressemblent. J’ai signé avec Black Milk Music pour la promotion et la distribution de l’EP qui sera téléchargeable gratuitement. Après j’enchaine avec la production de l’album de Fallo en collaboration avec Lao. En parallèle à ça, je vais travailler sur un deuxième EP instrumental, plus quelques collaborations…

  • Que penses-tu de la scène hiphop tunisienne actuelle ?

C’est pour moi un des rares acquis de la dite révolution tunisienne et c’est les seuls à pointer du doigt le plus grand problème de la Tunisie : le ministère de l’intérieur. C’est une forme d’expression engagée, courageuse et respectable contrairement au rap ailleurs dans le monde, qui n’a plus rien de contestataire. L’industrie de la musique en Tunisie est inexistante, même Carrefour vend des disques piratés, les artistes ne touchent rien sur leur passage à la radio nationale et on n’invite pas des groupes de Rap dans les mariages… Partant de ce constat, il est impossible d’envisager une carrière professionnelle sérieuse en Tunisie, et comme c’est du Rap tunisien, il ne s’exportera pas. C’est cool pour nous d’avoir de la musique de cette qualité gratuitement en ligne, mais ça ne doit pas être évident pour les MCs qui mettent du temps et de l’argent sur leurs projets. Ce problème concerne plein d’autres domaines artistiques.

  • Le mot de la fin ?

Un grand merci à Zoopolis de m’avoir invité ! J’espère vraiment que le projet vous plaira. Abonnez-vous à mes différentes pages pour être au courant de la suite et n’hésitez pas à partager ce qui vous plaît.

Big Up à vous !

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