À bas la loi 52 à Mad’Art Carthage

Une mobilisation en soutien aux détenus de la Loi 52 a déclenché un tollé de réactions en ligne ! Il s’agit d’une campagne farouche visant à abroger cette loi, responsable de l’incarcération de plus de 7000 jeunes chaque année et de 5 artistes et réalisateurs tunisiens, entre le 19 et le 28 novembre. Une vague d’indignation qui secoue le web certes mais qui a du mal à s’imposer dans la rue. Dans la soirée du 18 décembre à partir de 18h à Mad’Art, c’est chose faite !

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Le comité de soutien aux artistes de la Loi 52 a pris les rennes d’un événement culturel et s’est emparé de la rue pour se faire entendre. Expositions et Projections signées par les artistes « Atef, Alaa et Fakhri » ont été programmés à Mad’Art Carthage. Au même moment où ce trio d’artistes croupit derrière les barreaux, le public s’était déplacé en masse en solidarité avec #AAF. Artistes de la scène culturelle nationale, avocats, anciens députés, étrangers, écrivains, jeunes et adultes ont tous répondu présent à l’appel.

 

L’exposition de Fakhri el Ghazel s’est déroulée dans le hall du centre culturel. Un avant goût des travaux des artistes, réservé au public, avant d’entamer les deux projections à partir de 19h30. D’une durée de 15 min, c’est d’abord le premier court – métrage professionnel d’Alaa Eddine Slim, « L’Automne », datant de 2007 qui a été projeté, suivi de l’avant – première du documentaire « Ghouroub / The After » tourné en 2008 et finalisé par Fakhri El ghezal, à peine deux jours avant son arrestation.

 

L’un des avocats qui chaperonne l’affaire des artistes s’était exprimé juste avant le début des projections en déclarant qu’un dernier appel prévu Lundi a été émis au tribunal de première instance de Nabeul  pour la libération immédiate des 3 artistes.

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Juste avant de céder la parole à
Douja Mestiri et Ismael Leamsi. Ces deux membres du comité de soutien ont condamné fermement les dérives de cette loi et les accusations infondées de détentions de stupéfiants par #AAF.


L’événement a été dédié également à
Adnen Meddeb et Marwen Mabrouk, qui ont écopé, tout comme #AAF, d’un 1 an de prison ferme et de 1000 dinars d’amende (Ndlr : A cause d’un papier de tabac roulé décelé dans leur voiture).

 

Ismael Leamsi a insisté sur le fait de « bannir ce code pénal totalement défaillant et qui ne cesse de porter atteinte à la dignité du citoyen tunisien. Il dédie l’événement à tous les détenus tunisiens, aux victimes de la loi 230 et à tous les jeunes pris au piège de ce système. « Il est important d’assumer ce qu’on est… N’ayez crainte de cet Etat qui réprime sans scrupules ces jeunes en les jetant en prison … » Conclut –il.

 

Haithem Haouel

Photos : Ahmad Ksibi

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