Quand des jeunes musiciens s’emparent de la rue …

De la musique pour s’exprimer, des instruments pour riposter et se faire entendre … c’est ce qu’un groupe de jeunes musiciens a pris l’initiative d’entreprendre dans la matinée du 27 décembre, en réponse aux déclarations de Mokded Shili, adressées à l’encontre des jeunes musiciens tunisiens.

 

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Un bref rappel des faits s’impose ! Le 19 décembre, ce dernier ne s’est pas gêné de déclarer ouvertement sur les ondes d’une radio que « désormais seuls les musiciens qui possèdent une carte professionnelle pourront se produire sur scène… ». Le président du syndicat national des chanteurs professionnels a affirmé lors de cette intervention sur un ton ferme, qu’il fera tout pour mettre de l’ordre dans le secteur musical en Tunisie, mettant ainsi fin aux activités des musiciens qui travaillent « dans le noir ».

 

Des propos qui ont manifestement provoqué l’indignation des musiciens sur les réseaux sociaux. Mais pas seulement ! Sarah « Mistral », une jeune musicienne qui ne possède pas de carte pro a pris les rênes d’un événement organisé spontanément sur Facebook et a fait appel aux férus de la musique désireux de se faire entendre ailleurs que derrière les écrans de leur PC : Pour elle, le meilleur moyen de riposter était de se produire dans la rue, plus précisément en face de « la Maison du Musicien, Avenue de la Liberté ».

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Et l’appel en ligne n’a pas tardé à prendre forme ! Dimanche, 27 décembre à partir de 12h, un rassemblement d’environ une vingtaine de personnes a eu lieu. Photographes, bloggeurs, journalistes ont répondu présents. Un petit groupe de jeunes musiciens munis de leurs instruments se sont bel et bien déplacés uniquement pour jouer de la musique en signe de protestation.

 

Baptisé « Kwaret Mouch El Mouzika » par l’organisatrice de l’événement, le groupe s’est empressé de jouer des airs en abondance et a opté pour une sélection variée de chants tunisiens et de morceaux classiques… A l’image des divers instruments maniés sur place : Tare, guitares, violons et clarinettes entre autres.

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Par ailleurs, cette manifestation culturelle organisée spontanément dans la rue n’a pas attiré le nombre de participants escompté. En effet, deux jours avant les déclarations de Mokded Shili, une soirée du groupe Gultrah Sound System à la Goulette a été sabotée par les autorités faute d’avoir une carte professionnelle. Suite à cela, un bon nombre d’internautes se sont contentés de râler en ligne. Leur « CLICKTIVISME » ambiant a été salué par la bloggeuse Lina ben Mhenni. Néanmoins, cette initiative jeune a été saluée et encouragée sur le net et sur place aussi et risquerait de s’étendre dans les quatre coins de la capitale.

 

Aux environs de 15h, des policiers en civile se sont invités pour clôturer la petite manifestation. Ils se sont empressés d’en savoir plus, avant de saluer également l’initiative et de demander au petit groupe restant de déguerpir. « Ton message a été diffusé et largement entendu ! ». A affirmé l’un des agents à Sarah « Mistral ».

 

Haithem Haouel

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