WAAÏ : L’Initiative Jeune pour les Jeunes

Le dernier Samedi de l’année,  El Teatro el Mechtel a été pris d’assaut par les membres de WAAÏ. Qui sont – ils ? Pourquoi se sont – ils emparés le temps d’une journée d’un espace réputé pour ses pièces de théâtre et ses divers spectacles ? Est-ce une énième manifestation artistique pour se faire entendre et clôturer 2015 en beauté ? Un lever de rideau s’impose sur ce qui a aiguisé la curiosité des spectateurs qui ont largement répondu présents à cette cérémonie pas comme les autres.

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Un bref focus sur les « WAAÏSTES » histoire de vous mettre dans le bain…

WAAÏ: Nous sommes tous concernés :

WAAÏ: We Are All Involved-  L’initiative a été pensée en 2014 et a officiellement vu le jour en Janvier 2015. Un collectif de jeunes activistes de la société civile et étudiants, issus à la base de Tunis et de Sousse et spécialisés dans divers domaines, se sont rencontrés et ont décidé de concevoir leur propre association de Jeunes pour les Jeunes. WAAI est donc une association nouvellement créée, centrée principalement sur trois axes principaux : Santé Sexuelle et Reproductive, Violence et Genre.

Au début, l’idée a attiré du monde et pas peu ! Le concept s’est retrouvé confronté à des problèmes majeurs d’organisation.  Le projet a donc été retardé jusqu’en Janvier 2015 et a fini par voir le jour sur de bonnes bases grâce à la persévérance de cinq jeunes fondateurs dont Nadia Benzarti, actuelle présidente de WAAI.

WAAÏ est aussi un espace de libre échange où les jeunes peuvent discuter librement de leur sexualité. Un espace de débat, où des jeunes soucieux des problèmes liés à cette thématique peuvent s’exprimer à n’en plus finir et tenteront par la suite de changer, voire de heurter les mentalités sclérosées d’une société tunisienne majoritairement patriarcale… sur le terrain ! Ces jeunes « WAAISTES » chaperonnent cet espace, où bien être, confiance et intégrité sont de mise. Ces membres qui ne cessent de proliférer tentent surtout d’instaurer une culture de débat dénuée de tabous.

Un travail, des projets, des idées, une conception… me dites-vous ? Il se trouve qu’il a fallu un semestre pour les membres de l’association de concrétiser leur tout premier projet dans le cadre de cette cérémonie au Teatro. Un projet baptisé « Jeunes Acteurs de Changement pour une Culture de non-Violence »…

 

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Naissance d’un projet conçu pour Former et Informer :

« Jeunes Acteurs de Changement pour une Culture de non-Violence » a vu le jour en collaboration avec Oxfam Maghreb ; il est ancré principalement sur les Violences basées sur le Genre. Les « WAAISTES » ont pris pour cibles les étudiants des principales universités sur Tunis et n’ont pas tardé à s’organiser autour de nombreux Focus Group. Deux débats sur deux séances par semaine, d’1h ou 1h30 maximum, ou formateurs et participants ont veillé à la définition du genre, de l’harcèlement et de la violence.

Trois thèmes récurrents qui s’insèrent dans la vie de tous les jours et qui sont propices aux divers exemples comme l’harcèlement dans la rue, dans les moyens de transports, les violences dans les foyers, aux seins même des universités, violence en ligne ou dans les médias… Des sujets et des exemples d’une grande variété qui émergent afin de donner naissance à un concentré d’idées échangées entre membres formateurs et public cible.

Clôture en grandes pompes du premier projet :

Le lancement des festivités a eu lieu le 26 décembre 2015 en début d’après midi où des membres appartenant à d’autres associations diverses telles que Damj, Kelmty, ATL Sida … journalistes, photographes, une partie de la société civile et l’ancien ministre de la justice, Mohamed Salah ben Aissa, entre autres, n’ont pas décliné l’appel…

Place à la présentation globale de l’association par sa présidente qui s’est empressée d’ouvrir le bal, suivie de la projection d’une vidéo de présentation de WAAI. Nadia Benz a mis la lumière également sur le fonctionnement les objectifs et les valeurs prônées par les « Waaistes ». Un retour sur les activités fructueuses des focus group dans les universités s’est imposé…

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À la suite de ce discours d’une vingtaine de minutes, la scène a été cédée à des scénettes de théâtre éducatif conçues et créées par les membres amateurs de l’association. Ces scénettes qui tournaient autour de la violence véhiculée dans les médias et l’instrumentalisation de la femme, entre autres …

Autre moment fort de la cérémonie a été l’intervention d’un duo de caricaturistes Fatma et Firas, alias « Orange M » qui ont prêté main forte à WAAI. En se focalisant sur des témoignages de violence recueillis anonymement auprès des étudiants lors des focus group dans les universités, ces deux derniers ont esquissé des caricatures reflétant différentes situations tragiques vécues pas des jeunes. Des mésaventures tournées en dérision. Un travail artistique remarquable qui n’a pas manqué de faire rire la foule.

Deux courts métrages sur la violence réalisés par une jeune étudiante en cinéma ont été présentés. Deux essais, qui ont poussé le public à la réflexion et au débat vers la fin. Un débat divergent qui n’a pas manqué d’évoquer la lutte toujours d’actualité pour l’abrogation de la loi 52 et l’article 230.

WAAI a su se faire distinguer rapidement par le dynamisme et la détermination de ce minuscule noyau formé par 30 membres jeunes. Des « Waaistes » qui se considèrent « acteurs de changements » pour une société meilleure en incitant leur public cible à le devenir à son tour.

 

 

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