EXPO PHOTO : Nous ne les oublions pas !

Un cri de détresse pas comme les autres a retentit à la salle de l’information -avenue Habib Bourguiba, le 8 et le 9 février, en plein cœur de la capitale à travers une exposition de photographies inédites dans son genre.

Chaperonnée par « l’Association Tunisienne des médias Alternatifs », ce projet baptisé « Ne nous oubliez pas », « Don’t forget us » ou  encore « Matensawnèch » en jargon tunisien vise à dénoncer la misère et les problèmes vitaux qui rongent le quotidien d’une bonne partie de la population tunisienne à travers une série de photos parlantes.

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[dropcap]O[/dropcap]n dit souvent que « les images parlent plus que les mots ! » Mais pour la fine équipe à l’origine de ce projet, fusionner mots et photos pour exprimer les maux demande un effort double pour doublement se faire entendre.

 

Trois photographes, Mohamed Regui, Ali Jabeur et Zouhair El Ahmadi, accompagnés d’une jeune journaliste « Mouna Trabelsi » ont sillonné par moins de 12 gouvernorats et plus de 40 régions, intérieures mais aussi côtières, non pas dans le but de valoriser et de présenter les pays tel qu’on peut le voir sur les cartes postales et les affiches touristiques mais au contraire, d’attirer l’attention sur les diverses carences qui rongent plus que la moitié de la population.

 

Sous l’objectif de ces trois artistes ? Des besoins élémentaires inexistants, l’illusion d’une vie digne de plus en plus persistante, misère, pauvreté, famine, chômage, infrastructure fragilisée, pollution, protection de l’enfance quasi inexistante, situation de la femme de plus en plus précaire… Les tragédies se succèdent sur ces images mais ne se ressemblent pas !  « Dénoncer pour remédier à cette situation, tel était notre but ultime. » Déclare Zouhair El Ahmadi, l’un des jeunes photographes à l’origine de cette initiative. « Pour cette première exposition, on a présenté environ 40 histoires, sur une centaine rassemblées dans un fascicules en vente sur place ». Poursuit le photographe.

 

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Des photos d’une grande puissance en effet, accompagnées de légendes et d’indications en trois langues (Arabe, anglais et français) afin de relater l’histoire de chaque cliché. Un travail finement complété par Mouna Trabelsi, la journaliste.

 

L’exposition a émergée après trois mois de repérage, bien avant les prises de photos et les préparatifs qui ont suivi pour aboutir au résultat final. Une exposition qui sillonnera à son tour les gouvernorats, pendant une bonne période, décentralisant ainsi la portée du message qu’elle vise à transmettre.

 

Comme nous l’ont expliqué la présidente de l’Association Tunisienne des Médias Alternatifs et de l’artiste photographe présents sur place, le 8 février, le jour ou a été inaugurée l’exposition : « Ce travail a bel et bien été proposé à l’assemblée constituante. On a demandé à ce que ces images soient exposées à la vue des députés pour qu’ils puissent prendre en considération ces problématiques d’une grande envergure touchant un grand nombres de régions extrêmement délaissées voire abandonnées et délabrées. Mais toutes nos tentatives étaient vaines … On a néanmoins invité « ces représentants du peuple » à venir voir l’exposition sur place. Le message doit absolument être transmis ».

Heurter l’opinion publique et pousser les autorités à agir, tels étaient les buts primaires de ce projet financé par le fond européen pour la démocratie, allégeant les souffrances de ces tunisiens qui agonisent.

 

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