MYRATH Sortie Nouvel Album : "On aimerait bien ne pas être les seuls à l’échelle internationale"

Leur clip Believer vient de faire un tabac ces dernières semaines. À l’occasion de la sortie de leur nouvel album Legacy ce weekend aux USA et le 19 en Europe, nous sommes allés à la rencontre de Malek Ben Arbia, guitariste du groupe Myrath.

 

12489470_10154522601489966_2099258163365137353_o

 

Tout d’abord, d’après nos souvenirs, l’album était initialement prévu pour 2014, pourquoi est ce que ça a pris autant de temps ?

Pour deux raisons. Au cours de la préparation de l’album, mon père est décédé. Ça nous a beaucoup affectés, on ne pouvait plus composer. La deuxième raison est que la section metal de notre ancien label XIII Bis Records a apparemment coulé. On s’est donc retrouvé sans label. En trouver un autre avec des offres intéressantes nous a pris beaucoup de temps. Bien entendu, après avoir trouvé, on doit se conformer à la stratégie du nouveau label qui choisit la date de sortie, en prenant en compte les autres sorties du moment, la période… Tout ça pour sortir l’album dans les meilleures conditions.

 

Il s’agit d’un autre album avec Jens Bogren qui s’est par ailleurs occupé de grands noms de la scène dont Opeth, Amon Amarth… Comment se passe la collaboration avec de telles pointures ?

C’est Kevin (NDLR Claviériste d’adagio et producteur de Myrath qu’on voit apparaitre dans le clip ) qui était présent avec lui, lors du mixage et du mastering. Il paraît qu’il a beaucoup apprécié de travailler sur quelque chose de différent par rapport à ce qu’il fait d’habitude. Il a aimé la musique. Surtout qu’il s’agit de leur deuxième collaboration.
Pour Tales of the Sands, il a signé le mastering et Fredrik Nordström le mixage. En somme ça s’est bien passé.

Préparer un album entre la Tunisie, la France et la Suède ne doit pas être évident. Comment avez-vous géré ça ?

Chacun a joué son rôle. La guitare et la basse ont été enregistrées en Tunisie, idem pour les violons. Pour le chant et la batterie, c’était plus délicat. Le travail a été fait entre la France et l’Allemagne, dans des studios adaptés. Après la production, c’est la tâche de Kevin.

 

Certains vous reprocheront d’avoir choisi un titre un peu gentil pour faire la promotion de l’album, peut être par souci d’accessibilité. Devons-nous nous attendre à quelque chose de plus lourd sur le reste de l’album ? Musicalement, à quoi est ce que ça ressemble ?

Au niveau de la composition, on ne calcule pas. On n’est pas dans la surenchère du « ce n’est pas assez metal. ». Et puis au final, si le titre plaît et touche les gens, c’est gagné. Pour Believer c’est un choix qui en vaut un autre. Pour ceux qui ont été déçu par le titre, le reste de l’album est bien plus lourd. Il sera entre le Prog et le Power metal et il y aura même des parties Djent.

 

Ces dernières années vous avez tourné avec de grands groupes comme W.A.S.P. et Orphaned Land, cette année ça va être Symphony X. Y a-t-il une possibilité de tourner en tant que headliner ? Quels sont vos projets, prochainement ?

Tourner en headliner ? Pour faire ça il faut être sûr de son coup et être assez connu pour attirer les foules en grand nombre.
Je ne pense pas qu’on en soit déjà là. Peut être à l’avenir mais pas dans l’immédiat. Et tant qu’on a l’opportunité de supporter des groupes d’une telle envergure autant le faire.

 

On ne vous a pas vu sur une scène tunisienne depuis l’édition de 2013 du Festival International de Hammamet. Y a-t-il des dates en cours de préparation ?

Il n’y a rien de prévu, pour l’instant. Beaucoup de gens nous reprochent d’avoir choppé la grosse tête, mais ça ne dépend pas de nous. On ne peut pas louer une salle et organiser un concert nous même. Ce n’est pas notre rôle et ce n’est pas comme ça que ça marche. Il faut savoir qu’il y a trois billets d’avion à payer derrière et beaucoup d’autre dépenses. Notre avant dernier concert était à but non lucratif (Festiv’AIDS avec l’Associa-Med). On ne demande pas forcément de cachet, tant qu’on trouve une occasion, que le minimum soit fourni et que la volonté soit là. On ne sait pas encore pour le prochain concert, mais s’il y a des organisateurs sérieux ce sera avec plaisir.

Finalement l’album sortira le 12 Février, le même jour que le premier album de Persona. Que pensez-vous de ce groupe et de la scène Metal tunisienne en ce moment ?

Je vais parler des groupes que je connais personnellement. À un moment, je pensais que la scène était réellement morte mais ça fait plaisir de la voir renaître. Il y a plein de jeunes groupes très talentueux qui sont entrain de monter comme Persona, Nawather, Nameless et d’autres que j’oublie. En Tunisie, on a énormément de musiciens talentueux. Et c’est dommage qu’à cause de l’absence de structure et d’encouragement, beaucoup finissent par perdre espoir. On aimerait bien ne pas être les seuls, à l’échelle internationale.

 

Un mot pour finir ?

J’espère juste un peu plus d’entraide entre les musiciens et que la scène tunisienne perce réellement, à l’international. J’aimerais insister sur le fait qu’il ne suffit pas de trouver une maison de disque pour vivre de sa musique. On n’est plus dans les 70’s, ce n’est plus l’ère des rockstars. L’industrie a changé et les grands distributeurs préfèrent vendre des groupes qui rapportent gros. Les rentrées d’argent se font par les concerts et le merch et pas par la vente de disques. Aujourd’hui si on veut en vivre, il faut accepter le mode de vie qui va avec. Une vie de nomade de concert en concert. Il faut arrêter de croire à la vie de rockstar et penser à l’essentiel qui est : la musique et aller encore plus loin.

 

Nous vous laissons découvrir (ou redécouvrir) le nouveau clip Believer en attendant la sortie des albums de Myrath et de Persona, ce vendredi. Ça promet.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *