Le Journal de la Médina جريدة المدين : Rencontre avec les fondateurs

Loin d’être un magazine comme les autres, Le Journal de la Médina est un concept novateur crée par et pour la communauté de la Médina.

La particularité de ce journal c’est qu’il est totalement en accord avec son temps et avec la société contemporaine Tunisienne. Les articles sont écrits en Derja (pas d’arabe littéraire barbant), et les éditions mensuelles sont distribuées gratuitement à la Médina au Café EL ANBA et à l’espace DIWAN.

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[dropcap]N[/dropcap]ous avons rencontré pour vous trois personnes qui ont fait en sorte que ce projet voit le jour, Raoul Cyril Humpert, Zeineb Mediouni et Emily Sarsam.

 

Vous présentez le Journal de la Médina en tant que Journal créé pour et par la communauté de la Médina. Est-ce donc un journal réservé aux habitants de la Médina ?

Zeineb : Tout d’abord, nous avons défini la communauté de la Médina dès le début. Lors du lancement de ce projet, on a décidé de définir cette communauté en tant que personnes qui habitent, travaillent et visitent la Médina, peu importe le statut de résidence ou d’appartenance de celui qui la pratique. Même quelqu’un qui vient juste boire un café à la Médina, fait partie de la communauté car il consomme l’espace.

Raoul Cyril : Nous voulons aussi que les gens voient le journal comme leur propre projet. Nous sommes ouverts à toutes les propositions de bénévoles qui veulent s’exprimer, raconter leur histoire, faire partager un poème, une chanson, des recettes… Je trouve que la culture de la participation n’existe pas vraiment en Tunisie à cause peut-être de la dictature. Nous voulons que l’esprit de partage devient une habitude et que les gens s’imprègnent de ça.

Emily : C’est très important que le journal ne paraisse pas très prestigieux, parce que si on avait créé un journal très prestigieux les gens seraient intimidés et n’auraient pas le courage de nous écrire ou de nous proposer des articles. C’est aussi pour ça que le journal est écrit en Derja afin de faciliter sa lecture et encourager les gens à y participer. Tout le monde est le bienvenu à la Jerida.

 

Les sujets traités dans le journal touchent plusieurs aspects de la Médina que ce soit l’architecture, l’art, le mode de vie, les événements culturels, la société, allant de fripe El Hafsia aux décorations des portes de la médina. Comment pourriez-vous le définir si vous aviez à le catégoriser ?

Raoul : Nous définissons le Journal de la Médina comme étant un phénomène « Socio Urbain », on essaie aussi de garder les sujets traités de la Jerida un peu généraux, par exemple pour la première édition nous avons choisi comme thème le « Jaw », l’atmosphère médinale qu’on a essayé de traiter sous différents aspects.

Emily : Pour la seconde édition, nous avons choisi comme thème « Les visages », que ce soit en rapport aux visages des bâtiments, c’est-à-dire les façades ou les visages des gens. Pour la troisième édition, qui sera bientôt distribuée, le thème sera « Dhakkarni ».

 

Je trouve que les sujets traités dans le journal sont originaux et parfois assez inattendus. N’avez-vous pas peur des réactions péjoratives des lecteurs ?

Zeineb : On voulait éviter l’image de carte postale de la Médina de Tunis, d’où le choix de sujets originaux comme la Fripe del Hafsia, même si on a eu beaucoup de critiques soi-disant que la fripe salirait la Médina, surtout de la part des « Baldia » (Rires). Mais vu qu’on a le dénis dans le sang en Tunisie, on ne veut voir que ce qu’on on a envie de voir.

 

Donc vous n’aviez eu que des retours négatifs sur cet article ? Personnellement je l’ai adoré 

Raoul : On a aussi eu de bons feed backs, en premier lieu parce que dans la vie de tous les jours, tout le monde connaît la fripe, chacun de nous a une histoire avec elle, mais personne ne s’est jamais vraiment intéressé au sujet, peut-être parce que c’est encore socialement tabou d’en parler (Rires).

 

Quelles sont vos attentes pour l’avenir du Journal ?

Raoul : En ce moment nous sommes financés par l’IFA qui est un institut Allemand financé par le ministère des affaires étrangères pour l’échange culturel et aussi par des donations, ce qui nous permettra de continuer jusqu’à la 4ème édition. On ne sait pas encore comment les choses vont évoluer après ça, mais espérant qu’on trouve un financement qui nous soutiendra afin de continuer ce projet . Dans le cas où on ne trouvera pas de financement pour imprimer le journal nous essayerons de faire vivre le projet avec des éditions en ligne.

 

 

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C’est grâce à la participation des bénévoles que ce journal a pu voir le jour, alors en tant Zoomoureuse de la Médina de Tunis et du Journal de La Médina, je vous invite à toquer la porte du bureau qui se trouve à Bir Lahjar et de proposer vos idées, vos poèmes ou même juste de parler de votre expérience dans la Médina de Tunis.

Le Journal de la Médina propose aussi une édition en ligne plus accessible, que vous pourriez trouver sur leur Tumblr Journaldelamedina.tumblr.com

Pour les plus paresseux d’entre vous, l’équipe de la Jerida vous proposes une version audio que vous pourriez découvrir sur Youtube !

 

 

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