"Youth Decides" : L'Entrepreunariat social et culturel en Tunisie

Wala Kasmi s’est vue décernée récemment le prix de « l’Innovation sociale » par le président français François Hollande. Une récompense qui n’est pas passée inaperçue !

 

12721576_10207406465493373_878795376_n

 

[dropcap]L[/dropcap]a jeune présidente de l’association Youth Decides a été récompensée par le programme « La France s’engage au sud » à travers la concrétisation du projet « We Code » pour l’inclusion économique de la jeunesse en Tunisie. Une formation pour personnes au chômage non initiées en informatique.

Il s’agit de les introduire au Design graphique et au développement web répondant à un besoin précis. Parmi les projets qui sont nés grâce à cette initiative on compte «Chayaâni» un site de covoiturage, et le fameux «Souk El Facebook» qui à partir du célèbre groupe Facebook s’est transformé en un site web où l’on vend et l’on achète à peu près tout ce qu’on peut trouver. Et en retour le propriétaire reçoit une commission pour chaque transaction. Entretien !

Actuellement, je m’adresse à une jeune dont on a entendu parler récemment. Seulement, curieux que nous sommes à Zoopolis.Tv, on aimerait bien en savoir plus. Peux-tu nous dire donc qui était Wala Kasmi avant la concrétisation de ce projet ?

Wala Kasmi était ingénieure en informatique et activiste, comme on aime l’appeler, mais qui était aussi convaincue d’une chose : On ne fait pas de révolution sans projet et on n’est pas révolutionnaire si on n’arrive pas à être une force de proposition. Il faut dire que la question me fait un peu rire, j’étais qui avant d’être aussi connue ? Je dirai que je suis quelqu’un qui aimerait être connue pour son travail et non à travers des mots.
Après le départ de Ben Ali, j’ai été sur des plateaux télé et des radios pour parler de la jeunesse. Jusqu’au jour où j’ai décidé d’arrêter parce que, nous, la jeunesse, on n’a rien encore proposé. Et je suis donc allée sur le terrain pour parler à tout le monde pendant plus d’une année…
Une certitude s’est créé : On ne pourra pas assurer le progrès du pays sans jeunesse dans les prises de décisions. Et j’ai décidé de lancer le projet « Youth Decides » auquel je dédie tout mon temps depuis un an et demi. Ce que vous voyez maintenant n’est que le fruit d’un long travail et d’une persévérance qui m’étonne moi même.

Venons-en au fait ! Le projet « We code », parlons-en !

Comme je vous ai dit, je suis ingénieure comme la majorité de l’équipe YD et on connaissait très bien l’opportunité qui existe dans les technologies de l’information et de communication. On a toujours su gagner de l’argent en créant des sites, des applications, en lançant nos propres business numérique et on a décidé de démocratiser ce concept pour que les jeunes puissent gagner leurs vies grâce à un ordinateur et une connexion internet et sur une marche internationale.

Tu as surement dû faire face à des difficultés avant de parvenir à donner naissance à ce projet de taille. Quels sont les principaux obstacles que tu as dû affronter ?

Malheureusement quand on parle d’innovation sociale et technologique, il faut être visionnaire et avoir les capacités nécessaires pour voir l’opportunité dans le numérique. Donc on n’a pas été compris la majorité du temps. Même ceux qui comprenaient notre projet, avaient d’autres priorités : d’ordre politique généralement.
On a eu quand même beaucoup de soutien d’écoles comme Esprit ou APAC durant la phase pilote du projet We Code. On aurait aimé que les bailleurs de fonds soient moins traditionnels et plus flexibles quant à leurs stratégies préétablies.


Recevoir un prix des mains du président François Hollande, ça doit être quelque chose ! Comment s’est déroulée votre rencontre ? Tes impressions ?

C’est évidemment une grande reconnaissance au travail qui a été fait pour la jeunesse et par la jeunesse. La rencontre a eu lieu le 19 Novembre 2015, lors d’un petit déjeuner à l’Élysée.
On était le premier jeudi après les attaques de Paris qui n’ont pas empêché la cérémonie de se dérouler même si la médiatisation du prix n’a pas eu lieu. Le dispositif présidentiel appelé « La France S’engage au Sud » est mis en place pour détecter les talents et les jeunes qui ont su trouver des solutions concrètes aux problèmes de la société pour les aider à dupliquer leurs projets et les rendre durable. Pour moi ce genre d’initiatives mérite tout le respect et la gratitude d’une jeunesse qui peine à être écoutée. J’aurais aimé qu’on mette en marche ce genre de dispositif localement parce que les défis auxquels on doit faire face sont nouveaux et seule l’innovation sociale peut nous aider à les surmonter. La mission des décideurs est donc de trouver les gens qui ont inventé des solutions et les aider à avoir un impact plus grand.

Des projets en perspective ?

 Oui, j’espère mettre en marche le projet We Code correctement pour m’occuper du projet iDecide dont vous allez entendre parler bientôt.

Dernière question : Qu’as-tu à dire à une jeunesse en grande partie, désenchantée mais qui essaie tant bien que mal de résister et d’atteindre leurs objectifs ?    

 Je leur dis que toute nation passe par des examens et seules celles qui le méritent restent en vie. On est en train de vivre un examen historique et géographique, si on tient à cette terre et à tout ce qu’on partage, on doit non seulement se battre mais on doit proposer, créer et innover. La solution c’est nous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *