Jazz à Carthage : Rencontre avec Amine & Hamza "The Band Beyond Borders"

Amine & Hamza, sont un duo de frères qui usent de deux instruments phares de la musique arabe, à savoir le Oud et le Qanûn. Ils ont su se frayer un chemin parmi les grands noms de la musique ethnique.

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[dropcap]A[/dropcap]vec un style décalé, une musique unique mêlant saveurs de l’Inde, parfums de l’Orient et vivacité du Jazz, ils nous reviennent après une longue absence de 6 ans à cette 11ème édition du Jazz à Carthage afin de nous raconter une parcelle de leur histoire relatant leur évolution musicale à travers le spectacle basé sur leur nouvel album « The Band Beyond Borders ».

À quelques jours de l’expérience auditive tant attendue nous vous faisons part de notre entretien avec Amine & Hamza dans lequel tout de leur parcours ou presque est expliqué :

 

Amine et Hamza c’est avant tout une affaire de famille !

Oui, on a commencé la musique assez tôt vers l’age de 5 ou 6 ans grâce à notre père, qui porté par la passion de faire de la musique nous a encadré.

D’où vous viennent vos diverses influences musicales ?

On a commencé par un parcours classique, c’est à dire un enseignement au conservatoire puis on s’est ouvert à diverses musiques grâce au voyage, notamment lorsqu’on est allé en Turquie. L’ouverture a donc été faite initialement, au niveau de musiques voisines de la musique arabe comme celle turque, maghrébine ou perse. Puis vers l’âge de 13 ans, on est parti en France pour recevoir des cours d’arrangements et de composition et ce sont les rencontres qu’on a fait à cette époque qui nous ont un peu plus guidés vers la musique classique et autres.

Un chemin d’apprentissage classique comme vous le dites : N’auriez-vous pas préféré être autodidacte, un peu plus rebelle par rapport à un chemin préalablement tracé ?

C’est vrai que notre formation a été tracée sur le plan de la technique et de la technicité musicale mais sachant que la musique est un moyen d’exprimer ses émotions, sans un certain savoir-faire et des outils nécessaires, on ne saurait les communiquer, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’en maîtrisant ce savoir faire, on réussirait à produire automatiquement quelque chose de beau et de touchant.
Ceci dit, je porte une admiration pour plusieurs artistes autodidactes qui ont leur propre touche et leur propre philosophie, donc peu importe qu’on soit autodidacte ou pas, la musique est avant tout une communication.

En outre de l’évolution au niveau de la composition, qu’est-ce qui a changé depuis Jazz à Carthage en 2010 au niveau des instruments, de la scénographie ainsi qu’au niveau du message véhiculé par le spectacle ?

En 6 ans nous avons dépassé plusieurs caps sur les plans personnels et professionnels, c’est ce qui fait que notre expérience de la vie a pris de la maturité. On la ressent dans notre musique et plus précisément dans ce nouveau projet.
L’élément le plus important dans l’évolution est l’émotion que nous communiquons et qui non seulement est plus mature mais aussi plus sereine.

Pour le côté technique, c’est le concept du « Band » qui domine cette fois d’ou le nom de l’album.
D’habitude, la composition, c’est nous deux qui l’assurons et nous la faisions interpréter par des musiciens qui formaient un groupe autour de nous mais nous étions toujours au centre de ce collectif vu qu’ils ne faisaient qu’accompagner la musique que nous jouions.
Cette fois, c’est différent vu que c’est tout le concept du groupe qui est mis en valeur avec tout ce qu’il comporte comme complicité dans la composition, l’arrangement et la création et ceci est basé sur une entente humaine et musicale qu’on a cherché au contact de différents musiciens que nous avons côtoyé pour enfin aboutir après trois ans de travail à ce projet là.

Pour le côté scénographique, on a misé sur quelque chose de sobre pour mettre l’accent sur la musique plus qu’autre chose.

 

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Musicalement, vous le décririez comment ce nouvel album ?

Notre but était d’harmoniser une musique qui avait un fond oriental, une chose qui n’est pas faite au niveau de cette musique en général. Et c’est pour cela qu’on a choisi des instruments à son lent (le violon et la clarinette basse) pour envelopper et harmoniser le tout.
On laissera ceux qui nous écouterons nous décrire notre musique telle qu’ils la perçoivent.

Entre  Stuttgart, Paris, Montreux, Tunis, Vicence… Quelle est l’expérience qui vous a le plus marqués, surtout sur le plan musical, mais aussi humain et relationnel ?

C’est une question un peu difficile vu que l’on s’attend peut être à ce qu’on se mette à citer des événements mais en réalité, ce qui marque réellement, ce sont des micro-moments. À Washington DC par exemple, on a donné un concert à 2000 places combles et ça a été retransmis en direct, c’était donc grandiose, un souvenir assez important mais il n’y avait pas pour autant des faits marquants. Par contre ce qui nous a vraiment secoués tous les deux, c’était un petit concert au Colisée appelé « Rêve Révolution », organisé dans le cadre d’un festival qui a eu lieu peu de temps après la révolution et qui nous a offert une salle pleine malgré le couvre feu.
C’était un moment très émouvant.

Mais il faut dire aussi que c’est une habitude qu’on ait de bons souvenirs ici, vu qu’il y a plus de complicité avec le public Tunisien qui nous a vu grandir, et par conséquent ces moments marquants qui le sont pour nous et pour eux à chaque retrouvaille, sont toujours un nouveau souvenir qui s’ancre dans nos mémoires.

La composition chez le duo est-elle méthodique, organisée ou bien dépendante de l’inspiration ?

Un peu les deux, vu qu’on se voit régulièrement pour travailler sur notre musique, mais après ça dépend de ce qui nous vient : parfois, on finit un morceau assez vite et d’autres fois, ça nous prend des semaines pour qu’on puisse se fixer sur quelque chose et on se laisse du temps pour réécouter ce qu’on a fait et voir si ça nous inspire ou pas.

Quel est le souvenir que vous gardez de Jazz à Carthage en 2010 ? Quelles sont vos espérances maintenant ?

En 2010, c’est un souvenir d’un très beau concert qu’on garde. C’était Sold out et le public a été très chaleureux.
On avait même regretté d’avoir joué aussi peu vu que c’était une soirée à deux et le public en redemandait. C’est en général un très beau festival et ça va de la promo bien organisée jusqu’à l’accueil des artistes sans oublier le luxe de pouvoir transmettre la musique dans les meilleures conditions possibles, chose qu’on considère très précieuse.
On est donc contents de revenir, on répète assidûment pour ce concert et on est plus que ravis de retrouver le public tunisien.

 

Ils ont fait du chemin, joué à une soixantaine de concerts en Allemagne en France ou bien en Suisse et c’est ce Mercredi 13 avril qu’ils nous donnent rendez-vous dans leur pays natal, dans le cadre de cette nouvelle édition du Jazz à carthage pour un spectacle qu’ils promettent chaleureux et plein d’émotions.

 

 


Credit photos: Adrian Gramunt

 Tashko Tasheff   

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