STUPOR MUNDI : Dialogue avec l'Auteur de La BD franco-tunisienne qui cartonne !

Ah… La Tunisie et ses talents cachés ! Numéro 1 des ventes de BD historiques sur Amazon le mois dernier, une nouvelle révélation artistique tunisienne se manifeste au sein du monde occidental, cette fois-ci dans le milieu de la bande dessinée.

Nous avons rencontré le talentueux dessinateur, Néjib Belhajkacem, diplômé de l’ENSAD (École nationale supérieure des arts déco de Paris), qui a publié chez Gallimard tout récemment une nouvelle bande dessiné aussi enrichie en histoire de l’Orient qu’en créativité brillantissime.

 

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

 

[dropcap]S[/dropcap]tupor Mundi, fiction historique sous forme de bande dessinée, apporte un éclairage sur la toute première théorie à propos du système de la photographie. Une vérité sur la révélation de l’image durant le 13e siècle. Une origine souvent voilée par l’apogée de cet art visuel au sein des sociétés du 19esiecle, appuyé par les progrès scientifiques révolutionnaires de cette époque. Mais aussi, elle reflète quelques autres naissances comme celles de la thérapie et la psychanalyse, avec l’analyse des rêves.

Du Moyen-Orient à la méditerranée, la bande dessinée reflète les mœurs sociales et les idéologies des temps ancestraux. Deux cultures, l’Occident et l’Orient, qui paraissent divergentes, mais qui pourtant se joignent dans leurs pensées. Le pont de liaison ? La religion.
En effet, l’obstacle majeur face au projet du brillant scientifique, personnage Iranien nommé Hannibal Qassim El Battouti, est l’opprimante voix des imams de l’Orient et des évêques italiens.

Science et religion semaient la rivalité entre fidèles et intellectuels. Chassé de Bagdad par quelque imams peu enclins à laisser la réflexion scientifique prendre l’ascendant sur le dogmatisme religieux, Hannibal Qassim El Battouti, accompagné de sa fille Houdé et de son serviteur El Ghoul, trouve refuge auprès de l’empereur Frédéric II, appelé Stupeur du monde, qu’il rejoint dans son Castel, à Pouilles, au Sud de l’Italie, où l’Eglise catholique avait aussi son mot à dire.

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  • Votre nouvelle création apporte un éclairage sur des phénomènes intriguants concernant les moralités  et le comportement humain, autant présents durant le 13e siècle, cadre temporel de l’histoire, que dans nos temps actuels. Quel est réellement le message à transmettre, s’il y’en a un ? Sur quel chemin de réflexion souhaitiez-vous mener le lecteur ?

Je pense que tout bon récit est la mise à l’épreuve d’une question. Stupor Mundi pose une question fondamentale : Qu’est-ce qu’une image ? C’est une question que se posent les sociétés, les religions, les instances de pouvoir depuis toujours. Cette question met en jeu notre relation à la représentation, à la science, aux autres. Donc automatiquement, cela crée des frictions.

  • D’où vient cette idée d’allier harmonieusement bien les arts et les sciences ? Quelle était votre source d’inspiration ?

Jusqu’à la science moderne, la science et l’art étaient très liés. Les artistes médiévaux pouvaient être architectes, ingénieurs. À la renaissance, on connaît l’exemple célèbre de Léonard de Vinci et au XIXeme siècle, certains peintres étaient plus experts en anatomie que les médecins. Et ce, parce que pendant longtemps, le dessin était un outil de description du monde. Et il ne faut pas oublier que la photo, c’est à la fois un art et une technique.

  • Vos origines tunisiennes ont-elles contribué à cette inspiration dans la création des personnages principaux, Hannibal Qassim El Battouti, Houdé, El Ghoul ?

De par mes origines, je me suis souvent questionné sur le rapport que le monde arabe entretient avec l’image. Il est différent de la culture européenne. Et comme je suis aussi français par ma mère, je me suis naturellement toujours questionné sur ce sujet. Hannibal, de par son nom et prénom est probablement Tunisien d’origine. Houdê est le prénom d’une de mes cousines et El Ghoul, le surnom d’un de mes oncles.

  • La BD présente une belle originalité dans la diversité de ses registres linguistiques (un concentré de français, une belle portion d’arabe, une pincette de latin). Comment s’est annoncé cette idée ?

Elle s’impose par le récit. Comme il met en jeu des gens d’origines différentes, il est naturel que plusieurs langues y figurent. Logiquement, la langue principale serait le latin, la langue internationale de l’époque.

 

  •  Cette BD représente un mélange réussi entre réel et imaginaire, mariant histoire et philosophie.  Personnages mi-historiques, mi-fictifs,  l’œuvre est partagé entre un travail de mémoire et une créativité fascinante. Est-ce une marque de votre travail, de votre art, d’apporter cette vision nouvelle sur l’histoire du monde ?

J’aime me réapproprier l’histoire et m’inspirer de figures historiques pour développer un récit. Je trouve que c’est un levier puissant pour créer des univers crédibles. En plus, ça m’amuse et je ne conçois pas mon travail sans le plaisir.

 

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