"Winou El Patrimoine" lance enfin son site Internet (Bêta)

Inspirée par la campagne lancée sur Facebook « Winou El Trottoir », « Winou El Patrimoine » est une action mise en place en août 2015 initiée par l’association « Édifices Et Mémoires » qui œuvre d’une manière globale pour la mise en valeur du patrimoine architectural tunisien délaissé.
Explications avec Emin Turki, l’un des quatre architectes fondateurs
 du mouvement.

 

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                                                                  Villa Zriba El Olia

 

[dropcap]L'[/dropcap]idée est née suite à un manque cruel d’informations autour de tout ce que la Tunisie recèle en matière de patrimoine architectural.
« Quand on parle de patrimoine en Tunisie, on pense tous Médinas ou maisons à Patio, la quasi-totalité des édifices en dehors des remparts des médinas n’est pas considérée, dans la conscience collective comme étant du patrimoine hormis les grandes adresses touristique comme El Jem ou la mosquée de Okba à Kairouan. », nous confie Emin Turki.

L’objectif était de démontrer qu’il existe également un patrimoine méconnu en dehors de ce périmètre là et qu’il peut exister une autre forme et une autre expression comme, pour ne citer qu’eux ; les édifices construits pendant la colonisation d’ailleurs appelés communément « bani francis », les installations militaires de la 2ème guerre mondiale, ou ceux que la Tunisie a construit après l’indépendance comme l’hôtel du lac, les marabouts, les installations industrielles…

 

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                                                                         Villa Coloniale

 

 

[dropcap]A[/dropcap]insi, des internautes publient régulièrement des photos de sites qu’ils ont eux même observé, dans le but de scruter les bâtiments délaissés et abandonnés.
En vérité, l’action de l’association « Édifices Et Mémoires » se déroule sur trois étapes.

 

Etape 1 : La sensibilisation et l’identification

Consistant à désigner et identifier ce qui fait partie de notre patrimoine. Cette première étape est considérée par Emin Turki comme « très importante car elle nous permet de nous rendre compte de l’existence du patrimoine architectural qui nous entoure » devenant ainsi « un premier pas pour la sauvegarde ».

Pour cela, un site a été mis en place (www.edifices-et-memoires.com) afin de localiser ce qu’on considère comme patrimoine dans notre pays.

Ce site se doit d’être « une référence pour des projets de recherche, et permettre à certains de visiter également les édifices pendant leurs vacances ou déplacements ».
Cependant, le site est en cours de construction (version BETA), et,  bien que le travail soit énorme, « il faut bien commencer quelque part ».

Etape 2 : La réhabilitation des édifices abandonnés et en ruine :

Cela revient à « argumenter qu’un édifice avec une histoire vaut plus cher à la revente qu’un bâtiment neuf, que la réhabilitation coûte moins cher que le neuf. »
C’est à dire l’histoire comme valeur ajoutée au foncier : La formation d’artisans pour les techniques de restauration et de réhabilitation.

Etape 3 : Travailler sur le volet législatif :

Cela revient à « œuvrer pour sauvegarder les édifices en revoyant les plans d’aménagement urbain, qui causent, des fois, plus de dégâts que les promoteurs ».
« Nous pouvons affirmer aujourd’hui que nous contribuons considérablement à sensibiliser des citoyens à la question du patrimoine. »

 

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                                                                Palais de Chaouat

 

Un site interactif réunissant plus de 500 sites en préparation

 

[dropcap]L'[/dropcap]association est sur une bonne dynamique. Plus de 500 sites ont été recensés sur le groupe facebook animé par ses membres. Pour l’instant, seulement le 1/10ème a été intégré sur le site internet.

« Les membres commentent, partagent posent des questions cela prouve que les citoyens s’intéressent à leur histoire exprimée par l’architecture des différentes époques qu’a vécu la Tunisie. »

D’autres personnes de nationalités différentes suivent ce phénomène de très près.
Parmi eux : des italiens, des maltais, des algériens, des français, des marocains qui réagissent et interagissent dans le groupe. 

« Préserver par la sensibilisation, se rendre compte de l’existence du patrimoine qui nous entoure, se l’approprier,  est un premier vers la préservation. »
D’ailleurs à ce titre, l’initiative est parvenue au dernier mois de Février à sauver un immeuble colonial situé à Bizerte de la démolition en médiatisant l’affaire, en expliquant pour quelles raisons il ne fallait pas le démolir et penser plutôt à le réhabiliter.

 

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                                                         Eglise Saint-Alexandre-Nevski

 

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