« Ouled Jellaba » de Rochdi Belgasmi : Hommage à la muse androgyne des rues tunisoises

Artiste de talent, travailleur acharné et prolifique, Rochdi Belgasmi revient avec un nouveau solo de danse qui lui a valu le prix Olfa Rambourg pour l’art et la culture. Après « MEMORIUM », une collaboration avec le collectif DesignLAB et Benjemy mêlant sonorités électroniques et mapping, « Méta-danse  و إذا عصيتم » où le corps de la mère protectrice et envahissante est ramené à la vie, « El Zaglama » qui est une dé-folklorisation de la danse et de la musique populaire tunisienne…  le danseur chorégraphe attaque l’année 2016 avec « Ouled Jellaba ».

affiche du spectacle

 

 Un personnage de l’histoire 

[dropcap]O[/dropcap]uled Jellaba (Fils de « Jellaba ») est un personnage tunisois ayant existé et exercé la danse dans les années 20 du XXème siècle. Entre Bab el Fella et Bab Souika, il dansait dans les rues, les boutiques, chez le boucher ou au café. Il servait la bière en enchaînant les pas de danse au milieu des passants. En effet, le choix d’incarner ce personnage androgyne, plus féminin que masculin, aux mouvements lascifs et propres aux danses des tunisiennes n’est pas hasardeux. C’est une époque où la présence de la femme dans l’espace public pour de telles activités n’était pas acceptée. En interprétant le rôle de ce travesti tunisien, Rochdi Belgasmi titille certains tabous de la société mais réalise aussi un vibrant hommage au feu danseur.

Belgasmi délivre une prestation habitée 

Avec cette nouvelle création « Ouled Jellaba », il semble vouloir tester la zone de confort des tunisiens. Il nous livre beaucoup de sa personne dans un spectacle placé sous le signe du partage. Un partage de la peine ressentie par le personnage incarné, de sa douleur à l’image de la Tunisie des années 20 tiraillée entre le camps des alliés et celui des puissances de l’axe (minute histoire), de son hésitation et de ses craintes. Le sens du détail atteint un degré inhabituel pour des créations de danse qui nous donnent envie de regarder le spectacle en gros plan. Le cérémonial préparatif du danseur est mis à nu, plongeant ainsi les spectateurs dans l’intimité du personnage. Cet échange surprendra peut être par la proximité de l’artiste et ne vous laissera pas indifférent.

Rochdi Belgasmi nous a convié aux dernières répétitions et mises au point de son solo, sur la scène du Théâtre El Hamra. Dans l’intimité de l’artiste, le noir des coulisses et de la scène…

 

 

« Ouled Jellaba » sera donné Samedi 25 juin à partir de 22h au Théâtre El Hamra, avant d’investir la ville de Sousse dans le cadre de l’évènement Tabba3ni  qui s’étale sur 48H (15, 16 et 17 Juillet) puis à Dar Sebastian le août prochain dans le cadre de la 52ème édition du Festival International de Hammamet.
Mais aussi prochainement en Septembre ( Institut français de Tunisie ) – Novembre à Marseille ( Friche belle de mai ) et au Festival de danse de Nice.

Crédits Photo : Hamza Bennour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *