L'artiste Ilyes Messaoudi livre sa relecture tunisienne des contes de Shéhérazade

Dans une série d’oeuvres intitulées Les 1001 nuits, l’artiste plasticien et designer de formation Ilyes Messaoudi se propose de revisiter la légende de Shéhérazade à la sauce tunisienne, à travers des tableaux confectionnés à l’aide d’une multitude de techniques, et se voulant porte-étendard des femmes.

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Une Shéhérazade rebelle et révoltée

[dropcap]J[/dropcap]eune artiste tunisien de 26 ans installé à Paris, Ilyes Messaoudi a voulu transposer à sa manière l’âme de la société tunisienne dans une suite de tableaux s’inspirant du célèbre recueil de contes populaires.

On y voit une Tunisie anachronique qui oscille entre le charme authentique des années 30 à 50, et les problématiques contemporaines de la société actuelle.
Portant un regard à la fois romantique et sarcastique sur son pays, il y mêle vieilles chansons et anciens dictons, parfois empreint d’un discours sociopolitique qui voit la Shéhérazade tunisienne « se rebeller contre certaines mauvaises habitudes qui s’opposent aux vrais valeurs de la liberté, contre sa famille, puis la société en général… », nous explique Ilyes.

 

« J’ai toujours eu l’envie de faire une série de tableaux narratifs qui se suivent mais qui peuvent en même temps chacun se suffire à eux-mêmes.
J’ai choisi Shéhérazade, non seulement parce qu’elle a bercé mon enfance avec ses aventures fabuleuses mais aussi parce que chacun de mes tableaux sera une histoire sans fin qui laisse toujours imaginer une suite. », nous confie-t-il.

 

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Vision contemporaine 

[dropcap]S[/dropcap]ouhaitant dynamiser le classicisme de l’école de peinture tunisienne, il puise dans ses références (Zoubeir Torki, Jalel Ben Abdallah, Bouabana…) pour y insuffler sa touche personnelle.
Travaillant dans un format précis (30 X 24 cm), il peint, il colle et brode la toile, utilisant principalement la peinture acrylique, l’aquarelle et la gouache.
Dans ses collages, il fait appel surtout à des matériaux de récupération, du papier calque, du papier carbone et des coupures de journaux et de magazines. Et brode avec des fils de laine, et en y coudant des lentilles et des perles.

« Le format est relativement petit, mais je le trouve idéal pour présenter une nuit et supporter des éléments divers comme une nature morte, un paysage, un portrait et un phylactère, tout en même temps. », affirme l’artiste.

Certaines de ses créations se présentent sous la forme d’une bande dessinée, quand il estime nécessaire d’ajouter du texte pour donner au tableau un certain message.
Cette calligraphie employée évoque le côté rétro des anciennes affiches de films et des pochettes de vinyles comme elle peut servir pour rendre hommage à certains artistes qui influent sur son travail.

Parallèlement à ses autres projets, Ilyes compte relever le défi gargantuesque de finaliser ses 1001 tableaux. « Ça me prendra 6 ans s’il le faut. », insiste-t-il déterminé.
Une rétrospective de tous les tableaux avec un livre d’art regroupant toutes les photos des oeuvre et des croquis est prévue, ainsi que deux futures expositions à Paris, à La Maison de la Tunisie et à La Chambre de commerce latino-américaine.

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