BEATS : Quand le clubbing devient un moyen de survie pour le tunisien

On disait le clubbing mort et enterré… BEATS nous prouve le contraire en nous démontrant que la musique électronique est une culture qui peut parfois valoir de l’or pour un certain nombre de tunisiens quand l’expérience du noctambule est privilégiée face à l’appât du gain.

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[dropcap]E[/dropcap]n invitant Dixon, BEATS a sorti le grand jeu offrant également deux « surprise guests » au public : Le berlinois Aparde et le magicien Christian Löffler.
Alors que moult récents évènements avaient soit déçus soit définitivement annihiler les derniers espoirs des férus de la musique électronique, en raison d’un public venant surtout pour expérimenter les substances psychotropes sans avoir la moindre idée sur les artistes du line up… Les promoteurs basés à Munich de BEATS redonnent foi en ce secteur, par leur assiduité artistique et par leur amour pour le public, souhaitant leur procurer du rêve avant toute chose.

Il suffisait pour cela d’avoir l’idée brillante de recourir à une sélection sur inscription via un site, et de surtout remettre au centre l’expérience du spectateur en lui fournissant un espace propice à l’évasion sensorielle (Merci Ardeur Events, Lili et Tafarrod), agrémenté d’un travail minutieux sur la lumière dirigé par un expert allemand.

Parce que si certaines personnes ont tendance souvent à décrier ce milieu, ils oublient que pour beaucoup d’entre nous la culture rave représente une cure, une thérapie, voir une lueur d’espoir pour laquelle le combat mérite d’être mené… à l’image de ce qu’on pouvait entendre au milieu de la foule le 16 Décembre dernier au Mirage Beach Club :
« C’est grâce à ce genre d’events qu’on arrive à survivre en Tunisie ».

Un refuge en ces temps moroses…

[dropcap]L[/dropcap]a nuit tombée, lorsqu’un grand nombre de tunisiens s’apprêtent à se coucher, pour d’autres c’est là que tout commence…
C’est le cas de ces jeunes adorateurs de la nuit, qui ont trouvé refuge dans l’ambiguïté infinie de la pénombre, loin de la lumière diurne, crue et aveuglante. Apathiques et désenchantés la journée, le soir ils se transforment en rois et reine. Une seconde chance leur est alors offerte, une nouvelle forme d’espoir.

La nuit leur donne cette occasion de prendre leur revanche sur une réalité quotidienne qui semble les avoir délaissés et abandonnés. Désormais, le monde leur tend les bras. Les règles c’est eux qui les fixent.
La nuit leur propose les défis inattendus qu’ils attendaient, l’impression de faire partie de quelque chose de plus grand, d’un mouvement qui gronde secrètement en attendant de pouvoir partir à la conquête de nouveaux horizons…

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Ce mouvement souterrain et quasi-clandestin, c’est celui de la musique qui s’élève au rang de catalyseur d’un désir ardent d’amour et de liberté.
Dans une société où l’hédonisme est vu d’un mauvais oeil, voir carrément considéré comme un péché, mais néanmoins toléré de manière officieuse, souvent de manière hypocrite d’ailleurs, la recherche de ces plaisirs de la vie prend d’autant plus d’importance, qu’elle en devient peut être la seule et unique porte de sortie lorsque tout semble aller mal dans ce burn-out quotidien.

Foules en communion et béatitudes 

[dropcap]L[/dropcap]a force des beats incessants, des rythmes répétitifs et des sonorités de la basse résonnent à travers tout le corps, et donnent ainsi l’impression instantanée d’être plus que jamais vivant. Les raves étant surtout des espaces d’échappées euphoriques faites de béatitudes proches du nirvana, mais aussi inhibant la timidité, consolidant les liens, et brisant les barrières, les pudeurs et les peurs, les différences sociales et sexuelles, et même parfois conflits et rancoeurs.
Une foule en communion jouissant en harmonie et en paix, par contraste avec l’individualisme et la violence quotidienne de nos sociétés.

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Si tester les limites passe notamment avec l’amour du risque, de la vitesse et de l’adrénaline et des aventures nocturnes périlleuses… Ce genre de soirées illustrent une vivacité éclair qui tranche avec la tranquillité nocturne, semblant défier l’univers. « Notre insouciance est en vérité notre cri d’alarme. Si nous ne brûlons pas, comment éclairerons-nous la nuit ?”

Parfois les images valent mieux que les mots…
En supplément, nous vous proposons ce Track unreleased démentiel (Switchdance – Amolador) délivré par Dixon. Certainement le moment phare de cette nuit inoubliable, capturé par nos confrères de chez People’s Beats.
Dépaysement intégral !

 

 

Crédits Photo :
Ahmed Gheribi

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