ZAINEB N'AIME PAS LA NEIGE : Un Manifeste Miraculeux d'Apprentissage de la Vie.

Avis aux détracteurs du genre, le nouveau long métrage de Kaouther Ben Hania est un documentaire qui n’en est pas vraiment un.
Le dispositif de la réalisatrice s’avère d’une force cinématographique inouïe, tant il parvient à capturer des moments simples de la vie hallucinants de vérité, portés par la grâce de ses protagonistes.

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[dropcap]E[/dropcap]n posant sa caméra sur ces bribes de vie, Kaouther Ben Hania ne s’attendait surement pas au départ à récolter autant de matière et de richesse thématique.
À l’image de la vie, Zaineb n’aime pas la neige est un film qui tient parfois du miracle et qui nous réserve son lot de surprises. Une profusion de situations émotionnelles qui nous bouleversent et qui nous renvoient à nous même, ainsi qu’à nos propres souvenirs.

À travers le voyage initiatique de Zainab qui vient de perdre son père et qui se retrouve obligée à changer de pays avec une famille qu’elle n’a pas choisie, c’est une véritable leçon de vie qui en jaillit :
Tolérance religieuse, crise identitaire, passage à l’âge adulte, acceptation de la mort, échec amoureux… tout y passe !
L’expérience de Zaineb dont on suit l’évolution sur 6 années recèle tellement de pédagogie que le film devrait être imposé dans tous les foyers tunisiens.

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[dropcap]Z[/dropcap]aineb n’aime pas la neige est le premier film tunisien qui donne entièrement la parole aux enfants et qui prend le temps de s’attarder sur ce qui peut bien les tourmenter. Notamment sur ces choix qu’ils doivent subir à cause de la volonté des adultes sans pouvoir y faire grand chose, et de ces chemins qu’on aurait rêvé d’emprunter que l’injustice de la vie est venue nous confisquer à jamais.

La chronique d’une vie, d’un morceau d’existence, de souvenirs juvéniles, d’un envol, du temps qui passe, de ces opportunités qu’on ne saisit pas, de cette incapacité à ralentir la vie, de cette force qu’on a au fond de nous face à ces choix cornéliens, de ces vies qui ne sont que ce que nous en faisons : On ne sait jamais le moment, l’instant. C’est le moment qui, parfois, rarement, daigne nous saisir.
Zaineb n’aime pas la neige, qui a reçu le Tanit d’Or en Novembre dernier, incarne « avec un grand I » la vie qui passe, la vie avec toute sa beauté et toute son amertume.

Merci à la candeur de Zaineb et au malice de sa demi-soeur Wejden (qu’on aimerait beaucoup revoir au cinéma d’ailleurs) de nous avoir ouvert la porte de leur monde et de leur intimité pour mieux refléter la destinée de millions d’individus.

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