« On est bien comme ça » de Mehdi Barsaoui : Zoom sur un Jeune Réalisateur Prometteur

Son dernier court-métrage de fiction « On est bien comme ça » a remporté le Muhr d’Or du meilleur film au Festival de Dubaï et le Poulain de Bronze au dernier FESCAPO, et continue de faire sa tournée dans les festivals internationaux. 

Avant sa prochaine sortie en salles, nous vous proposons d’en savoir plus sur ce jeune espoir du cinéma tunisien.

Barsaoui 2
« Les liens » au centre des préoccupations 

[dropcap]D[/dropcap]u haut de ses 32 ans, Mehdi M. Barsaoui est loin d’en être à sa première expérience chez Cinétéléfilms, la société de production audiovisuelle qui l’a accompagné dès ses débuts.

Depuis son diplôme en réalisation obtenu au DAMS de Bologne, le cinéaste tuniso-italien est parvenu au fil des années à se construire une petite filmographie cohérente sur les rapports humains et les liens qui nous unissent.
Liens de sang pour « Bobby » son précédent court-métrage, qui relate le rapport conflictuel entre un enfant et son père autoritaire qui lui interdit l’adoption d’un chien pour des raisons strictement religieuses. Liens amicaux entre deux jeunes tunisiens pour « À ma place » qui évoque tout ce dont on est capable d’accomplir quand on est à la place de l’autre.

Barsaoui

Requiem pour un Senior 

[dropcap]A[/dropcap]vec « On est bien comme ça », c’est toujours la famille et les liens qui passent au crible. Le cinéaste s’intéresse cette-fois à la rudesse de la vieillesse, et l’embarras qu’on peut ressentir lorsque l’on devient un fardeau pour les gens qu’on a vu grandir.
À travers la complicité entre un petit-fils cachottier et un papy farceur et indiscipliné, qui rappelle sous certains aspects le personnage d’Alan Arkin dans Little Miss Sunshine, Mehdi Barsaoui nous rappelle que la force de l’humain réside dans sa capacité à sociabiliser, de coopérer et de nouer des liens affectifs et de solidarité.

Le court-métrage de Barsaoui se veut un hommage à ces seniors qui choisissent d’apprécier coûte que coûte jusqu’au dernier instant les derniers jours de leur vie.
L’idée de départ lui vient en effet d’une anecdote familiale à propos d’une ancêtre qui a été retrouvée sur son lit de mort avec une certaine quantité d’olives dissimulées dans ses vêtements.
Cette dernière avait continué à manger secrètement des olives alors que le médecin lui avait imposé une diète sans sel.
On retrouve devant la caméra un Nouri Bouzid comme on ne l’a jamais vu, dans un rôle de vieillard assez cocasse, qui parvient à trouver un second souffle en renouant avec les imprudences et les turlupinades de sa jeunesse aux côtés de son petit-fils campé par Youssef Mrabet, vu dans la sitcom Happy Ness.

Barsaoui 3

Bientôt le Long…

[dropcap]Q[/dropcap]uand on lui demande ce qui l’a poussé à faire ce métier, le réalisateur nous répond « Le nombre incommensurable de vies que l’on peut avoir à travers nos personnages. Avec le cinéma, on peut réparer des erreurs, se projeter dans de nouvelles circonstances, on se réinvente d’une certaine façon. »
Le cinéaste qu’il admire le plus est sans aucun doute le mexicain Alejandro González Iñárritu. Un auteur qui a fait date avec sa trilogie chorale ( Amours chiennes, 21 grammes, Babel) par le biais d’une sensibilité et d’une pudeur hors-normes.
Des films universaux où la solitude de chaque personnage résonne, tandis que les différents protagonistes découvrent combien ils tiennent les uns aux autres.
« C’est un cinéma direct, sans artifices, qui puise dans l’émotion, c’est tout ce que j’attends d’un film. » assure le jeune artiste.

Pour la suite, le réalisateur passe aux choses sérieuses avec un projet de long-métrage qu’il développe depuis maintenant 3 ans. Un thriller psychologique autour d’une famille tunisienne issue d’un milieu privilégié qui, suite à un événement chaotique va connaitre l’effondrement de tous ses repères.
La thématique s’attarde sur la filiation et de tout ce dont on est capable pour sauver la vie de notre enfant.
Comme vous l’aurez remarqué, on ne quitte pas non plus la cellule familiale…
Intitulé tout simplement « Un Fils », le film traitera de la complexité de la paternité en Tunisie. Le projet est actuellement en phase de recherche de financements et le long-métrage devrait entrer en tournage d’ici la fin 2017/début 2018.

Photo Mehdi M. Barsaoui en Haute Résolution

 

« On est bien comme ça » sera disponible dans les salles à partir du Mercredi 22 Mars 2017 dans la sélection de courts-métrages « Ksayer wou Yhayer 2 » distribuée par HAKKA Distribution.
Le film sera programmé aux cotés de « 35mm » autre court de Mehdi M. Barsaoui,  Peau de Colle de Kaouther Ben Hania, Pousses de Printemps d’Intissar Belaid, ainsi que Khalaa de Maher Hasnaoui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On vous recommande