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METTANI : Le fondateur d’Arabstazy dévoile un premier clip lugubre et survolté !
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Amine Metani est l'un des audacieux gaillards qui se cache derrière le rutilant succès de Ghoula. Fondateur du malicieux label Shouka ironiquement baptisé "Musiques du Tiers-Monde", ce franco-tunisien qui enchaîne les collaborations fructueuses depuis un certain temps s'est engagé pleinement, depuis peu, sur son propre projet solo. Séance de spiritisme et danse funèbre C'est avec un premier clip révélant un univers atypiquement occulte et empreint de références que Mettani donne le ton de son prochain EP "Divine". Fruit d’une collaboration avec l’artiste vidéo Houssem Guebsi, qui avait déjà été aux manettes des clips de Ghoula (Ba77it et Antali), officié en tant qu'étalonneur sur celui de Sa3diya, ainsi que réalisé deux clips pour Denya Okhra, l'oeuvre recèle de clins d'oeil et de significations sous-jacentes. Sous son aspect horrifique et impétueux, se cache en vérité une réflexion profonde sur l'humanité et un intérêt particulier pour les syncrétismes nord-africains et leurs résonances avec les spiritualités animistes extrême orientales. Avec sa photographie morbide, ses effets Rorschach et sa lueur crépusculaire, Animislam revendique sa considération pour la dimension universelle de ces traditions ancestrales et interroge la relation de l'humain au sacré et à la mort. On découvre au départ un corps inerte, au cours de ce qui semble être un rituel s’ouvrant sur un Haiku éloquent, une forme de poésie japonaise : « Si je ne savais que je suis déjà mort, je pleurerais la perte de ma vie ». Un cadavre qui se met curieusement à se démener sous l'influence de silhouettes spectrales féminines. Affecté par des contractions spasmodiques, son corps devient alors passerelle le temps d'une cérémonie entre deux mondes : Celui du vivant et celui de l'inconnu. Cette vision illustre en vérité la genèse d'un personnage s'étant échappé des ténèbres, l'inquiétant et étrange Mettani, sorte de croisement hybride entre Djinn et corpsepaint scandinave, venu pour casser les conventions et se jouer des codes musicaux. En effet, le syncrétisme ne se cantonne pas qu'au religieux, il est également sonore puisqu'il brasse à la fois chants Stambeli et Amazighs, beats industriels et mélodies synthétiques. D'ailleurs, la dimension ésotérique véhiculée par la musique est appuyée par une œillade à un documentaire de 1999 de Nawfel Saheb-Ettaba sur le Stambeli. Un extrait qu'on peut entendre en plein milieu du titre reprenant les paroles d'une Arifa (devineresse), qui raconte que parfois, la nuit, lors du coucher, lui apparaît un grand serpent qui vient s’allonger à ses côtés. Producteur multi-casquette Habitué plutôt à occuper la place d'homme de l'ombre, l'artiste additionne à son nom une lettre pour former "Mettani", mot japonais qui fait référence à la rareté, caractère unique et précieux du lien que son personnage entretient avec une entité subconsciente dont les souvenirs de vies passées subsistent encore présentement. Un concept qu'il a poussé jusqu'au bout en fondant le collectif Arabstazy, "concept d'Apostasie appliquée à l'identité Arabe" où des artistes du monde arabe sont encouragés à faire une utilisation originale de leur patrimoine culturel dans l'objectif d'en finir avec les représentations archétypales orientalistes habituelles. Une initiative qui va lui permettre d'accompagner les figures de proue de la scène électronique underground arabe, et d'étreindre l'héritage ancestral pré-islamique collectif, en explorant notamment les croyances adorcistes et les rites de transes animistes, longtemps méconnues ou reléguées au second plan en raison de la chape de plomb des convenances morales ou dogmatiques.  Son flair affûté de producteur et son ingéniosité de compositeur le conduisent à collaborer avec Ghoula, spécialement en tant que bassiste, ou encore en duo avec Deena Abdelwahed sur la scène du festival Éphémère à Hammamet en 2015, et même récemment en contribuant à la renaissance d'Emel Mathlouthi par sa participation à la réalisation de la poésie sauvage de l'album "Ensen". L'Humain face à la Spiritualité  Avec ce nouveau projet, Amine Metani explore des thématiques qui lui sont chères :  La pensée et la mystique musulmane, l’obsolescence des dogmes et l’obscurantisme politico-religieux contemporain. "Je n’interroge pas vraiment la possibilité d’une réalité post-mortem ou de l'existence d'une entité divine, mais plutôt la relation que nous avons au sacré, et ce que cette relation nous apprend sur notre lien à la mort. D’après moi la conscience de la finitude de notre existence, et donc de la vanité de nos actes, conditionne la plupart de nos comportements, qu’on peut interpréter caricaturalement comme une aspiration à l’éternité - ce qui en soit est un paradoxe." Ce désir perpétuel d'immortalité, l'artiste le constate également avec la survivance des superstitions qu'il qualifie d’animisme qui ne dit pas son nom, à un siècle où les progrès scientifiques semblent s’accélérer conjointement avec l'ignorance et l'obscurantisme. Cet archaïsme est révélateur pour lui d’angoisses inconscientes collectives qui n'arrivent pas à trouver leurs résolutions ni par le divin, ni même pas la science. Pour lui, les différences entre les spiritualités ne sont que dans la forme. Il s'explique. "Les similitudes entre soufisme, hindouisme et bouddhisme sont frappantes, que ce soit par exemple la disparition de l’individualité (fanâ et nirvâna) - qui comptera parmi les thèmes de mon prochain clip - ou encore l’influence des pratiques ascétiques des yogi sur les soufis. Mon grand-père citait régulièrement ce hadith apocryphe, « Cherchez le savoir, même jusqu’en Chine » (اطلبوا العلم ولو في الصين), et visiblement ça m'a marqué." Au final, ce qui accapare véritablement son intérêt c'est surtout l'aspect humain et universel qui en découle,  par le biais du rapport qu'entretiennent les individus au paranormal, qui devient une lucarne vers son subconscient. Mettani prépare actuellement son prochain clip, qui sera disponible pour cette saison estivale. Il participera également en Septembre au festival féministe Chouftouhonna à Tunis. Quant à son EP "Divine" il sortira à l'automne prochain et sera composé de 3 titres en face A, et 4 remixes en face B, par Roscius, Nazal, Omar Aloulou et Tropikal Camel.

Ti 3léh : La chaine Youtube qui démonte les défauts de la société tunisienne !
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« Ti 3léh » est le nom donné à une série de podcasts critiquant avec humour les défauts de la société tunisienne. Rassemblant plus de 3000 fans sur leur page Facebook, leur chaine YouTube compte déjà 4 épisodes.     [dropcap]A[/dropcap]près avoir publié une vidéo sur l’hypocrisie, une autre sur la frime, la chaîne YouTube s’est attaquée dernièrement au système scolaire et aux mauvaises habitudes sur les réseaux sociaux.   Nous avons eu la chance de poser quelques questions à deux des membres de l'équipe, histoire d’en apprendre plus sur leur background, leur projet et le futur de l’émission. Samy Chaffaï et Yassine Sondes, deux étudiants de 20 ans, l'un en cinéma et audiovisuel, et l'autre en sciences juridiques.  - Ti 3léh en un mot ?  En un mot ? Foudroyante ! - Pourquoi avoir choisi ce nom ?  Ti 3léh est le terme le plus utilisé quand on voit quelques comportements ou actes totalement absurdes dans notre société.  - Comment vous est venue l'idée de "Ti 3léh" ? En fait, depuis le lycée, avec une caméra compact, on improvisait souvent des sketchs entre potes sur tout et n'importe quoi et on les publiait sur un groupe secret sur Facebook. On avait des amis sur le groupe qui commentaient souvent nos vidéos et nous encourageait constamment. Puis il y'a eu le bac, puis la fac et après on s'est lancé! Au lycée, on appelait cette série Society Problems mais en fait c'était  juste l'ombre de Ti 3léh qui est apparu deux ans plus tard avec plus de travail surtout dans le coté technique et artistique.   - D'où proviennent les sujets de vos vidéos ?  À la base, avant de commencer, on critiquait souvent les différents clichés qu'on rencontrait dans notre société : L'homme macho et hypocrite, la femme soumise, le noir pas du tout complexé par le racisme. On est très attiré par l'humour noir,  l'humour flagrant et frappant qui permet de faire rire le spectateur en lui exposant la vérité en face. Pour les sujets, nous voulions dès le début parler des mensonges et caprices de la société. C'est pour cela que nous avons choisi de commencer à faire des vidéos sur l'hypocrisie, suivi de la frime. Puis pour les sujets d'après, on s'assoit, on prend un café, on bafouille des idées un peu en l'air et le sujet nous vient comme ça après un brainstorming. Ou parfois, Yassine m'appelle et me dit "3ANDI FEKRA MTA3 SUJET MOUCH NORMAL" et puis on commence à l'écrire.   - Quels liens unissent les membres de l'équipe ? Yassine et moi on est amis depuis plus de 7 ans maintenant. On fait souvent nos projets ensemble, peu importe lesquels. Pour les autres membres de l'équipe, on connait certains du lycée, d'autres de la fac etc..  - La finalité de la vidéo est-elle de susciter le rire ou d'aller au delà de celui-ci vers une prise de conscience ? Pour ce projet précisément, comme nous aussi on a été touché par les défauts de la société, on cherche à faire passer l'idée de manière flagrante et frappante à travers l'humour. Les vidéos n'ont pas pour but de faire rire "seulement" et pour l'instant, on est en train de créer un impact positif, le public est en train de bien réagir par rapport à la vérité exposée. Il y'a une certaine prise de conscience effectivement. - Pouvez-vous nous donner plus de précisions sur le déroulement du tournage des vidéos ? Avant toute chose, on commence par la préparation qui consiste à écrire le scénario, préparer le programme de tournage, le découpage technique, vérifier la disponibilité des acteurs et de l'équipe. Puis on choisit le lieu de tournage : est-ce que ça sera à la fac ou dans l'une de nos maisons, ou dans la rue, de quoi on aura besoin... Après ça, on tourne ! Et enfin on finit par la post prod : la vidéo passe au montage Image & Son puis le mixage.   - On remarque que vous jouez assez bien, d'où vous est venu ce don ? On a toujours été fans des séries comédies américaines (Friends, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory) et même française comme "H" avec Eric, Ramzy et Jamel Debbouze. De plus, comme on l'avait dit tout à l'heure, depuis le lycée, on adore imiter certains stéréotypes et se faire filmer en le faisait. Parfois, on passaient nos journées à faire ça !  On a aussi fait 3 ans de théâtre, et on a commencé à faire des petits courts métrages d'action, de fiction ainsi que des courts métrages fantastiques.   - Est-ce que vous vous êtes dit allez on se lance, oublions la timidité et voyons ce que ça donne quitte à faire un flop... ou c'était vraiment bien étudié ? On n'a jamais été timide en fait. Pendant le lycée, on avait plutôt un problème de timing, on arrivait pas à réunir tout le monde ; on avait aussi un problème matériel. Mais après le bac, on a apprit à mieux s'organiser et à faire des plannings, on a eu du matos aussi, et on a fait notre petit plan marketing. On peut dire que c'était d'une part étudié et d'autre part, on adore foncer dans le tas. - Pouvez-vous nous donner une exclusivité sur les potentiels sujets des prochains épisodes ? Hmm...  bon on ne vous spoilera pas les prochains épisodes, mais par contre, on vous spoilera un seul sujet qui sera traité un jour qui est "les animaux".  

ZooPolis a écouté Hmenou : Humour, Mashups hors du commun et Ukulélé
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Hmenou, c'est son surnom et c'est aussi le nom que porte le projet Musical de ce jeune pilote d'avion de formation, qui loin de se plier aux règles, se tourne vers la musique pour y déverser sa créativité et faire participer ses amis dans ses délires. Une musique indie, un humour absurde à la Tunisienne, des décors simples pour ses clips et une fraîcheur inopinée,  le tout devenu viral sur les réseaux sociaux depuis la parution de la première vidéo sur Youtube en Mars 2016.   Un succès dû à la revisite du patrimoine musical ? [dropcap]O[/dropcap]n serait bien tentés d'écouter une cover pour comparer ou bien pour voir le plus qui émane de l'artiste interprète. Seulement avec les mashups de Hmenou, c'est toute une pilule de bonheur digitale qui nous est présentée. Dépoussiérer les anciennes œuvres Mezoued de Salah Farzit, de Hédi Habbouba ou encore de Fatma Boussaha n'était qu'une étape du processus de la renaissance que leur réservait le musicien Multi-instrumentiste, et c'est à l'aide d'un Ukulélé, d'un Saxophone, d'un clavier, d'une voix basse et d'une bande d'amis qu'il réinvente un univers Jazzy, doux et à la fois moqueur. En résultat : Des mashups farceurs dont l'un intitulé "Fatma Bousseha Tribute [Cover Medley]", réunit à la grande surprise de tous, la combinaison impossible ou presque de Fatma Boussaha, Med Amine Hamzaoui & Klay BBJ, Stevie Wonder ainsi qu' Anouer brahem avec un clip drôle et plaisant mais surtout orné de références cinématographiques.     Du 100 % spontané [dropcap]N[/dropcap]e pouvant se permettre de prendre un ton sérieux en reprenant "Chrigui baw" de Salah Farzit ou bien "Ya aam ecchifour" de Fatma Boussaha, le comique s'est fait naturellement  comme nous le révèle Hmenou. L'artiste est même pris au dépourvu lorsque nous lui demandons l'endroit insolite où il va nous emmener après "Cover fel Ghaba", "Cover in Ze Toilettes" et "Cover fel Barkoun" (comme les noms des vidéos l'indiquent), et rigole de l'anecdote nous assurant qu'il ne s'était même pas rendu compte de cette suite assez cohérente. Des restes d'un décor d'une soirée arrosée aux déchets dans la forêts, tout dans les clips montre le naturel et l'esprit décontracté avec lequel Hmenou réalise ses clips, pour peut être mettre en avant l'idée qu'en fin de compte son travail n'est qu'un résultat d'un quotidien banal d'un jeune Tunisien aux diverses influences artistiques. La preuve, il nous confie que rien n'est calculé et qu'en général c'est à la veille ou le jour même de la réalisation de l'oeuvre que tout est décidé sur un coup de tête. Et ensuite ? Revisiter et se réapproprier les morceaux populaires oubliés en cherchant à produire un son propre à lui fruit d'une synthèse de ses inspirations, est donc la spécialité de Hmenou, un artiste qui ne fait pas les choses à moitié puisqu'il compose, joue , chante, enregistre, filme et fait le montage tout seul. Il songe même à composer ses propres chansons, une information qui nous laisse à l’affût de toute nouvelle de ce jeune homme talentueux. On finit sur une vidéo où on le voit revisiter le déjà mythique thème du Season Finale de la saison 6 de Game of Thrones. Un morceau qui ne cesse de nous hanter depuis la fin de la série...  

"LIME SONG" d’Omar Aloulou : Un clip dantesque pour une vision du monde apocalyptique

Qui aurait cru que des explosions, un paysage désertique et une femme en burqa se déhanchant en faisant du hula hoop pour un clip de musique électronique pourrait être si captivant ? Cette idée nous la devons à la collaboration entre la réalisatrice libano-canadienne Léa Lahoud et le compositeur tunisien Omar Aloulou pour le morceau Lime Song .   Fruit d'une rencontre atypique  [dropcap]A[/dropcap]pproché par la jeune réalisatrice, Omar pense aux premiers abords avoir affaire à une simple vidéaste faiseuse de clips.  N’accordant pas une grande estime au concept des vidéoclips, il explique qu’il « aime bien l'idée de la musique comme chose en soi, ou comme un intercesseur vers l'imaginaire de l'auditeur." C'est alors que, séduit par les anciens travaux purement cinématographiques de la réalisatrice, il lui fait immédiatement confiance. Autour des réflexions d’Omar, Léa a su concevoir ce bijou. L’influence de l’univers des jeux vidéo sur Aloulou, insistant sur le rapport entre le réel et le virtuel, a été une piste pour la réalisatrice.   Ironie sur un monde qui part à la dérive [dropcap]D[/dropcap]es explosions spectaculaires suivent le tempo de la chanson. Des images qui hypnotisent. « On est un peu dans une vision apocalyptique du monde, mais où on explose littéralement de l'intérieur. », indique Omar Aloulou. C’est d’ailleurs ce type de représentations que l'on peut voir dans les médias ces jours-ci. Impossible de passer à côté de l’idée que Daech n’a pas traversé l’esprit des deux principaux concernés. « Oui il y a un peu d'ironie finalement, vu que le monde vu par Daech joue également sur le côté réel/virtuel. », ajoute Omar. Même si ces éléments ont alimentés la création de cette vidéo, Omar affirme qu’il « aime bien aussi laisser la libre interprétation aux spectateurs, sans trop les inciter à comprendre le pourquoi du comment.»     Nouveaux Soundrack et Album en Vue [dropcap]L[/dropcap]ime Song figurait parmi les deux titres auxquels Lahoud voulait s'attaquer (en plus d'un morceau bien hip-hop). Ce titre n'a pas tout à fait été choisi par hasard, puisqu'il constitue une sorte de pont avec ce qu’Aloulou compte sortir prochainement. Connu pour ses partitions originales de longs-métrages, notamment sur le film tunisien acclamé et multi-récompensé Hédi de Mohamed Ben Attia, et dans les prochains Fleur d’Alep de Ridha El Béhi et Benzine de Sarra Abidi, Aloulou travaille en ce moment sur son prochain album, assez différent de l'esprit Lime Song.  Signé par le label Shouka, le nouvel album sera une «adaptation libre d'un bouquin de Tolstoï en musique, ou plutôt les impressions laissées par [sa] lecture du livre». S’éloignant un peu de la musique électro, Omar propose une «musique avec des timbres électroniques» et un son «assez progressif». L’album est prévu pour le début de l’année 2017.  

CLIC CLIC BOOM : L'audacieux projet SF envisageant une Tunisie sous le règne de Daech

Cette semaine des clichés affolants du quartier d'Ennasr sous les décombres sont apparus sur la toile. Un trouble qui a suscité l'émoi et l'inquiétude d'un bon nombres d'internautes. Les images étaient en fait un leurre pour nous guider vers quelque chose d'encore plus intriguant et de subtilement goupillé...   [dropcap]L'[/dropcap]objet de notre attention aujourd'hui c'est ce pari fou de web-série de Science-fiction qui installe une Tunisie post-apocalyptique, ce qui semble être l'accomplissement cauchemardesque des funestes desseins de Daech, dans une ère technologique dystopique où les citoyens vivent cloîtrés derrière les murs des bâtisses par crainte du danger. Produit par Kanaprod, le pilote de cette mystérieuse mini-série a été mis en ligne sur une page intitulée LabLobby, nom encore plus énigmatique on vous l’accorde, qui serait d'après ses fondateurs, un projet digital inédit qui en est encore à ses premiers balbutiements. Nous avons naturellement voulu en savoir plus auprès des réalisateurs, Heni Hnana et Houssem Guebsi, les papas de cette nouvelle curiosité du web.   [divider] - Les œuvres de Science-fiction sont rarissimes dans le paysage audiovisuel tunisien, d'où vous est venue l'idée de ce pari ? Et n'aviez-vous pas eu peur de faire chou blanc ? La rareté de la Science-fiction fut l’un des moteurs essentiels de la création de cette web-série d’anticipation. Les séries et les films tunisiens se voient incomber malgré eux la lourde tâche de représenter la réalité et le vécu des Tunisiens. Beaucoup de spectateurs s’indignent encore quand ils ne reconnaissent pas leur société dans une œuvre audiovisuelle tunisienne. C’est effectivement un pari risqué compte tenu des tendances actuelles, et d’ailleurs nous ne sommes pas à l’abri du chou blanc, dans la mesure où KNSD et LabLobby n’ont pas encore réussi à réunir la totalité de la somme nécessaire à la production de la web-série.   - On aimerait bien connaitre d'ailleurs les films d'anticipation qui ont fait votre éducation de réalisateurs...   Des films, il y en a des tas. Mais la série britannique « Black Mirror » est sans doute l’œuvre audiovisuelle qui nous a le plus inspiré pour ce projet. La série aurait d’ailleurs été rachetée par Netflix, et il nous tarde de voir la saison 3. Black Mirror est une série d’anticipation qui traite de l’impact des nouvelles technologies sur les relations humaines, dans un futur proche. C’est une série que nous conseillons à tous les amateurs du genre.   - Concernant les moyens, on imagine que pour une production de ce genre le budget n'était pas aussi conséquent... Pourtant les Effets Spéciaux sont tout à fait crédibles, pouvez-vous nous en dire plus ? Notamment sur les techniques employées. Clic-Clic-Boom a été conçu à la base comme un projet télévisuel. Nous avons réussi à réunir une équipe professionnelle et bénévole, motivée par l’idée et convaincue par sa portée commerciale. Le but était de créer un épisode 0 et de le soumettre ensuite aux annonceurs. KNSD s’est chargée de la production. Propagande Productions, via Imed Marzouk, nous a donné accès à son matériel de tournage et des personnes comme Bechir Mahbouli (à la direction photo), Omar Aloulou (musique), Joanna Ben Soussi (direction artistique), ou encore Hazem Berrabah (étalonnage) se sont investis sans contrepartie dans l’épisode 0. Pour ce qui est des Effets Spéciaux, c’est UNIK qui s’en est chargé. C’est une agence de création 3D et d’Effets Spéciaux qui est derrière des émissions d’animation telles que « Ellamma » ou encore « El3icha Ma9rouna ». La post-production a duré à elle seule près de 2 mois. Il est clair que sans leur apport, le projet aurait perdu toute son authenticité. Pour enrichir les décors et créer les ambiances « digitales », UNIK, avec à leur tête de l’équipe Ahmed Bouabdallah, a.k.a Boubou, ont utilisé des logiciels tels que Adobe After Effects et 3D Max. - Pourquoi le choix d'une Tunisie plongée sous le chaos suite à ce qui semble être une expansion de Daech, êtes-vous plutôt pessimistes concernant l'avenir du pays ? L’aspect pessimiste du projet est l’un des freins que nous avons rencontré lors de sa commercialisation. La science-fiction, comme on en a parlé plus haut, reste inédite chez nous et comme tout produit nouveau, il a du mal à se faire accepter. Sans ambition aucune de nous comparer, nous doutons que l’on reproche à AMC le pessimisme de « Walking Dead » quant à l’avenir des Etats-Unis ! Il a donc fallu rappeler à maintes reprises aux annonceurs que CCB n’est pas un documentaire et ne représente en rien la vision que nous avons pour l’avenir de la Tunisie. En revanche, la série pourrait être qualifiée d’une sonnette d’alarme, de ce que pourrait devenir une société, peu importe laquelle, si elle tombait sous la coupe du terrorisme. CCB est une dystopie où les individus d’une société, dont on a du mal à situer l’époque exacte, vivent cloitrés chez eux par peur des attentats terroristes. Les solutions informatiques et les réseaux-sociaux leur permettent de mener leur vie normalement depuis leur domicile. Ainsi ces individus plongent dans l’ère du digital, en délaissant petit à petit le monde réel, par souci de confort et de sécurité.   - Quand l'épisode s'achève, on meurt d'envie de connaitre la suite. Surtout de savoir ce qui arrive à la fille incarnée par Yasmine Bouabid... La question que tout le monde se pose forcément est : Verra t-on la suite de cet Épisode 0 ?  Qui vous dit que c’est une fille ? Le scénario comporte 8 épisodes de 25 minutes chacun, pour un format télé. Pour le web, son volume serait probablement réduit. L’épisode qui est en ligne est un mélange de trailer et de pilote. Il nous a permis de faire découvrir l’univers et le ton de la série aux annonceurs, en mettant en relief des événements ou des situations qui ne seront dévoilés que bien plus tard dans le scénario. Pour le moment nous sommes encore à la recherche de fonds pour compléter le budget de la production. À bon entendeur ! Lien Clic Clic Boom - Épisode 0

GAME OF TUNISIA : Explications du créateur du concept Zied Bargaoui

Réalisé avec GIMP et Blender, logiciels pour textures et 3D sur OS, ce générique revisité à la sauce tunisienne a fait forte impression la semaine dernière sur les réseaux sociaux. Tandis que la vidéo atteindra bientôt le pallier des 50 000 vues sur Youtube, c'est naturellement que ZoopolisTV a voulu en savoir plus sur ce jeune ingénieur en Sciences de l'Informatique de 26 ans.       [dropcap]Z[/dropcap]ied avait commencé à élaborer son petit projet secret depuis Août 2015. Parallèlement à son boulot, il avançait petit à petit sur la vidéo. Parfois, il lui arrivait même de rester des semaines sans y toucher en attendant que le goût et la motivation refassent leur apparition. Devenu pour lui un véritable hobbie, l’idée lui a été inspiré par un article paru sur Stepfeed, qui faisait un rapprochement entre les acteurs de la scène politique tunisienne et différents personnages de Game of Thrones (Jon Snow/Habib Essid, Lord Baelish/Mohsen Marzouk, White Walkers/Fajr Libya...). Il s'est donc dit "Pourquoi pas essayer carrément de resituer le générique dans un contexte purement tunisien ?" Ce qu'il admire dans la série, c'est surtout la machine de production et la diversité de ses décors qu'ils sont allés chercher aux quatre coins de la planète, puis évidemment le sens du détail et de la richesse visuelle de sa direction artistique inspirée des différentes cultures dont s'est imprégné George R. R. Martin pour donner vie à sa saga. Pour lui, on pourrait associer toute la classe politique au clan perfide et rusé des Lannister, et si jamais il fallait choisir nos Stark ce serait forcément la société civile sacrifiée sur l'autel de la cupidité.    

"BACKSTAGE" EP04 : L'Orchestre Symphonique Tunisien joue Tchaïkovsky

Suivez les premiers pas de Miguel en tant qu'animateur pour ce nouvel épisode de BACKSTAGE : Dans les coulisses de l'Orchestre Symphonique Tunisien, avant le grand concert Tchaïkovsky au théâtre municipal de Tunis. [vcfb id=851264398329815]

MONTAGE : Le dernier Star Wars est un concentré de références à l'Ancienne trilogie

On savait pertinemment que le dernier Star Wars : The Force Awakens était truffé de clins d’œils aux anciens films de la trilogie, mais on ne se rendait pas compte à quel point l'hommage était aussi omniprésent !   [dropcap]T[/dropcap]ournures de scènes, situations, plans, dialogues...tout y passe ! Un malin s'est amusé à recenser toutes les références de J.J. Abrams dans un montage édifiant accompagné de la fameuse partition de John Williams. Cette vidéo on l'a doit à l'espagnol, Jorge Luengo Ruiz, qui s'est déjà illustré auparavant avec ses montages cinéphiliques, avec notamment la vidéo recensant les nombreux hommages aux films cultes fait par Pixar.   Star Wars: The Force Awakens (2015) // Original Trilogy (1977- 1983) from Jorge Luengo Ruiz on Vimeo.

"SAIF-IFOTC" : Le Youtubeur humoriste qui enflamme le net

Parmi les chaines en vogue en ce moment sur la sphère des youtubeurs tunisiens on compte Saif In Front Of The Camera. Sur le modèle des Cyprien et autres Norman, Saif-IFOTC est arrivé petit à petit à créer  son propre fan club.   Des sujets variés et beaucoup de détermination [dropcap]P[/dropcap]armi les sujets qu'il aborde avec humour, on retrouve le travail, les parents, le mariage, la fac ou même l'aid. Certaines videos de la chaine répondent à des sujets de l'actualité comme la crise de la SIAPE à Sfax. Questionné sur sa passion, Saif nous raconte comment il a commencé à l'aide de son frère avec une petite caméra et beaucoup d'hésitation. Aujourd'hui, il est beaucoup plus déterminé et compte en faire plus et s'investir davantage. Concernant sa méthode, il confie qu'il passe des journées entières à écrire un épisode et des heures en post-prod mais cela lui apporte beaucoup de plaisir puisqu'il le fait avec passion. Autodidacte, il a appris seul à écrire, filmer et monter ses vidéos. Ceci devrait encourager plus de jeunes à faire pareil et se lancer.   People like it ! [dropcap]A[/dropcap]vec 30 mille abonnés et plus de 50 mille fans sur facebook, la chaine dispose déjà d'une bonne fan base et les commentaires sur la chaine sont souvent positifs. Avec cette notoriété naissante, verra-t-on Saif passer à la télé ? D'autres youtubeurs ont choisi de le faire ce qui reste un cap difficile à franchir vu qu'on se retrouve généralement à devoir être drôle à la demande ; parler de sujets qui n’intéressent pas souvent au lieu de faire uniquement ce qu'on aime. Kheiredine Kamoun

L'Année Cinéma 2015 en Vidéo !

C'est devenu quasiment une tradition, qu'a instauré la monteuse de génie Gen Ip, chaque année, les montages rendant hommage au nouveau cru cinématographique se multiplient. Nous en avons sélectionné 3.     THE 25 BEST FILMS OF 2015: A VIDEO COUNTDOWN from david Ehrlich on Vimeo.